Français : l'analyse des rapports 2026
Synthèse rédigée par PassCRPE à partir des rapports de jury officiels publiés par les académies.
La session 2026 est la première avec deux concours externes, et l'écrit de français n'y a pas la même forme. Au concours bac+3, le français est la partie A d'une épreuve partagée avec les mathématiques, notée sur 10. Au concours bac+5, il garde son épreuve propre, de 3 heures, notée sur 20. Pour chaque question, vous trouverez l'énoncé exact, le corrigé publié par le jury, les erreurs les plus fréquentes et ce qu'il faut travailler. Tout vient des rapports de jury de Bordeaux, Créteil, Dijon, Limoges, Mayotte, Nantes, Reims et Versailles. Chaque constat porte entre parenthèses le nom de l'académie qui l'a fait.
Les sujets officiels (site du ministère, devenirenseignant.gouv.fr)
- Bac+3, épreuve 1, groupement 1 : Zola, Au Bonheur des Dames (PDF) : c'est le sujet commenté ci-dessous.
- Bac+5, épreuve de français, groupement 1 : Maalouf, Le Périple de Baldassare (PDF) : c'est le sujet commenté ci-dessous.
- Autres sujets 2026 : bac+3 groupement 2, bac+3 groupement 3, bac+5 groupement 2, bac+5 groupement 3, bac+5 session supplémentaire (Jules Verne).
Tous les sujets et rapports sont aussi listés sur la page officielle du ministère. Conseil : faites le sujet en temps limité avant de lire le corrigé.
Les 6 points à retenir
- Le mode verbal est souvent oublié. Le conditionnel est le temps le plus échoué au bac+3, le subjonctif et la voix pronominale au bac+5. Une réponse qui donne le temps sans le mode est incomplète.
- Une fonction se donne avec le mot complété. On écrit « COD du verbe se procurer », pas « COD » tout seul.
- Le découpage en propositions reste la question la plus difficile. Recopiez chaque proposition en entier et notez sa nature en face.
- En lexique, le jury juge le sens dans le texte. Les contresens sont sanctionnés. Un mot de la même famille n'est ni un synonyme ni un mot du même champ lexical.
- La réflexion n'est pas un commentaire du texte. Le texte sert d'appui, et chaque exemple doit être expliqué : un titre cité seul ne compte pas.
- L'orthographe coûte des points partout : jusqu'à 1,25 point sur 10 au bac+3 et 2,5 points sur 20 au bac+5 (Limoges).
Les résultats publiés
| Académie | Copies | Moyenne | Langue | Lexique | Réflexion |
|---|---|---|---|---|---|
| Concours bac+3 (français sur 10) | |||||
| Bordeaux | 1 846 | 5,75 | 2,41 / 3,5 | 0,93 / 1,5 | 2,42 / 5 |
| Limoges | 339 | 5,44 | – | – | – |
| Mayotte | – | 4,40 | – | – | – |
| Concours bac+5 (sur 20) | |||||
| Bordeaux | 1 595 | 11,08 | 5,47 / 8 | 1,23 / 3 | 4,34 / 9 |
| Dijon | 459 | 11,42 | plus de 4 / 8 | moins de 1,5 / 3 | 4,44 à 5,15 / 9 |
| Nantes | 1 388 | 12,60 | 5,92 / 8 | 1,52 / 3 | 5,16 / 9 |
| Reims | 496 | 10,36 | environ 5,4 / 8 | 1,1 à 1,4 / 3 | 4,5 à 6,2 / 9 |
« – » : chiffre non publié par le rapport. À Mayotte, environ 95 copies, soit 20 %, sont sous la note éliminatoire.
Ce que montrent ces chiffres : le lexique est la partie la moins réussie partout où le détail est publié. Au bac+3, la partie français a éliminé environ 20 % des candidats à Mayotte : chaque partie a sa propre note éliminatoire, donc le français ne peut pas « rattraper » les mathématiques (Mayotte). Au bac+5, la note éliminatoire touche 15,1 % des présents à Reims, contre 6,1 % à Dijon et 2,4 % à Nantes.
Concours bac+3 : le sujet de Zola
Le format : partie A de l'épreuve écrite n° 1, notée sur 10 : étude de la langue sur 3,5 points, lexique sur 1,5 point, réflexion sur 5 points. Une note de 2,5 sur 10 ou moins à la partie français est éliminatoire. Le barème de chaque question ci-dessous est celui du corrigé de Bordeaux.
Le texte : un extrait d'Au Bonheur des Dames d'Émile Zola (1883). Le grand magasin de Mouret s'agrandit et rachète tout le quartier ; la boutique de l'oncle Baudu, le Vieil Elbeuf, dépérit. Lire le sujet complet (PDF officiel).
Étude de la langue (3,5 points)
Question 1 · 0,75 point
Identifiez le temps et le mode des verbes soulignés.
Mouret, disait-on, avait traité avec le baron Hartmann, président du Crédit Immobilier, et il occuperait tout le pâté de maisons, sauf la façade future sur la rue du Dix-Décembre, où le baron voulait construire une concurrence au Grand-Hôtel. (lignes 9-12)
Le corrigé (Bordeaux)
| Verbe | Temps | Mode |
|---|---|---|
| avait traité | plus-que-parfait | indicatif |
| occuperait | conditionnel présent | indicatif |
| voulait | imparfait | indicatif |
La terminologie actuelle classe le conditionnel parmi les temps de l'indicatif (Grammaire du français, terminologie grammaticale, p. 36, cité par Reims). Limoges a aussi accepté l'ancienne réponse, qui fait du conditionnel un mode.
Les erreurs relevées :
- Le conditionnel occuperait mal identifié : c'est l'erreur la plus fréquente (Bordeaux). Il a été pris pour un futur, voire un imparfait (Reims, Versailles).
- Le plus-que-parfait avait traité pris pour un passé composé (Reims, Versailles).
- Le mode oublié, ou confondu avec le temps (Créteil, Versailles).
- Des réponses fantaisistes comme « futur antérieur du subjonctif », ou un subjonctif proposé : signe que les modes ne sont pas compris (Limoges).
À faire : répondez dans un tableau à trois colonnes (verbe, temps, mode), comme le corrigé. Remplissez toujours la colonne « mode ». Révisez les temps composés (passé composé, plus-que-parfait, futur antérieur) et le conditionnel.
Question 2 · 1 point
Récrivez ce passage en mettant le sujet au pluriel.
Seule, au milieu de ce bouleversement, l'étroite masure du vieux Bourras restait immobile et intacte, obstinément accrochée entre les autres murailles, couvertes de maçons. (lignes 14-15)
Le corrigé (Bordeaux)
Seules, au milieu de ce bouleversement, les étroites masures du vieux Bourras restaient immobiles et intactes, obstinément accrochées entre les autres murailles, couvertes de maçons.
Les erreurs relevées :
- L'adjectif Seule, placé en tête de phrase, laissé au singulier ou remplacé par « plusieurs », « quelques », « ensemble » ou « groupées » (Reims, Limoges).
- Les accords d'immobiles et d'intactes oubliés (Limoges).
- Des erreurs de copie, toutes sanctionnées : « boulversement », « massures », « acrochées », des mots oubliés, des virgules ou un point final manquants (Limoges, Reims).
- Tout le passage mis au pluriel sans lire la consigne : seul le sujet, et ce qui s'accorde avec lui, devait changer. « Les autres murailles » et « couvertes » ne bougent pas (Versailles).
À faire : soulignez sur votre copie chaque mot modifié, puis relisez le reste mot à mot pour vérifier qu'il est identique au texte (Limoges). Entraînez-vous sur les réécritures du brevet (DNB), du même niveau (Nantes).
Question 3 · 1 point
Indiquez la nature et la fonction des mots ou groupes de mots soulignés.
Dans la boutique, Denise éprouva le même serrement de cœur. Elle la revoyait assombrie, gagnée davantage par la somnolence de la ruine. (lignes 23-24)
Le corrigé (Bordeaux)
| Occurrence | Nature | Fonction |
|---|---|---|
| Dans la boutique | groupe nominal prépositionnel (ou groupe prépositionnel) | complément circonstanciel de lieu |
| le même serrement de cœur | groupe nominal | COD du verbe « éprouver » |
| la | pronom personnel | COD du verbe « revoir » |
| par la somnolence | groupe nominal prépositionnel (ou groupe prépositionnel) | complément d'agent du participe passé passif « gagnée » |
Les erreurs relevées :
- la est l'élément le plus échoué. Il a été pris pour un article défini ou un pronom relatif, et pour un COI au lieu d'un COD (Reims, Versailles, Limoges).
- Le complément d'agent par la somnolence est « très rarement » identifié (Versailles, Bordeaux, Reims).
- Le verbe complété n'est pas indiqué (Reims, Limoges). Une nature donnée mot par mot au lieu de porter sur tout le groupe (Reims).
- « Pronom » sans préciser « personnel » : pénalisé (Bordeaux).
- Sémantique et syntaxe confondues. « Complément de lieu » décrit le sens ; la fonction est « complément circonstanciel ». Créteil accepte aussi « complément de phrase » (Créteil).
À faire : utilisez un tableau à trois colonnes (Reims). Prenez l'automatisme « COD du verbe… » (Limoges). Pour le complément d'agent, entraînez-vous à passer une phrase de la voix active à la voix passive : « la somnolence gagnait la boutique » devient « la boutique était gagnée par la somnolence ».
Question 4 · 0,75 point
Délimitez les propositions qui forment cette phrase complexe et précisez leur nature.
Lorsque, le lendemain, Denise se rendit avec Pépé chez l'oncle Baudu, la rue était justement barrée par une file de tombereaux, qui déchargeaient des briques devant l'ancien hôtel Duvillard. (lignes 16-17)
Le corrigé (Bordeaux)
| Proposition | Nature |
|---|---|
| Lorsque, le lendemain, Denise se rendit avec Pépé chez l'oncle Baudu | proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de temps (« subordonnée conjonctive » ou « subordonnée circonstancielle » acceptés) |
| la rue était justement barrée par une file de tombereaux | proposition principale |
| qui déchargeaient des briques devant l'ancien hôtel Duvillard | proposition subordonnée relative (adjective) |
Les erreurs relevées : c'est la question la plus difficile (Reims). « La notion de proposition [est] très peu connue » (Versailles).
- Des propositions coupées au mauvais endroit, et des groupes sans verbe conjugué pris pour des propositions (Versailles, Reims). « Lorsque » a même été présenté seul comme une proposition (Limoges).
- La circonstancielle de temps confondue avec une complétive (Reims, Limoges).
- Des termes mélangés : « proposition indépendante principale », « proposition principale juxtaposée » (Reims, Limoges).
- Une fonction ajoutée alors qu'elle n'était pas demandée : cela peut coûter des points (Limoges).
À faire : une proposition se forme autour d'un verbe conjugué (Limoges). Soulignez les verbes conjugués (ici se rendit, était barrée, déchargeaient), donc trois propositions. Mettez-les entre crochets et entourez les mots qui les relient (lorsque, qui). Recopiez chaque proposition avec sa nature en face (Reims), et entraînez-vous à dessiner le schéma hiérarchique des phrases (Bordeaux).
Lexique et compréhension lexicale (1,5 point)
Question 1
Expliquez le sens de l'expression « une détresse tombait de la façade entière ». (ligne 21)
Le corrigé (Bordeaux)
C'est une métaphore (personnification ou métonymie acceptées) : la devanture du Vieil Elbeuf est assimilée à un visage. La façade ne « souffre » pas réellement, mais son aspect délabré, sombre, vieilli et dépassé donne une impression de misère et de décrépitude. Reims attendait le lien entre cet aspect et l'impression morale d'abandon.
Les erreurs relevées :
- La figure n'est pas nommée, ou elle est confondue avec une famille de mots ou une synonymie (Bordeaux, Limoges).
- Des réponses « descriptives ou paraphrastiques », sans analyse des effets (Nantes). Le caractère imagé n'est pas mentionné (Créteil).
- Seul le mot détresse est commenté, alors qu'« il faut aller au bout de la citation » (Limoges). Certains ignorent le sens même de détresse (Reims).
Question 2
a. Analysez la formation et donnez le sens du mot « immobile ». (ligne 15)
b. Donnez deux autres mots formés à partir du premier élément constitutif du mot « immobile ».
Le corrigé (Bordeaux)
a. « Immobile » est formé par dérivation : le préfixe in-, écrit im- devant le m, s'ajoute à la base mobile. Le préfixe a une valeur privative : « immobile » signifie « qui n'est pas mobile », « qui ne peut pas être déplacé ».
b. Avec im- : impossible, impoli, immortel, impatient. Avec in- : infaisable, incalculable. Avec il- : illogique, illisible. Avec ir- : irremplaçable, irrésistible.
Les erreurs relevées :
- En b, des mots de la famille de mobile (immobilier, immobilisation, mobilité) donnés au lieu de mots formés avec le préfixe (Reims, Versailles, Limoges).
- Base et radical confondus, ou préfixe et suffixe (Reims, Versailles). Le mot « dérivation » rarement écrit, alors qu'il distingue les meilleures copies (Reims).
- Le sens privatif résumé par « inverse » ou « contraire » (Limoges).
- Des exemples hors sujet (« interdit », « important ») ou mal orthographiés (« imortel ») (Versailles, Limoges).
À faire : pour une question de formation, suivez toujours le même ordre. Nommez le procédé (dérivation, composition), découpez le mot (préfixe, base ou radical, suffixe), donnez le sens de chaque élément, puis le sens du mot. Pour une figure de style : nommez-la, expliquez ce qui est comparé à quoi, puis l'effet produit dans le texte.
Réflexion et développement (5 points)
Le sujet
Faut-il avoir peur des changements engendrés par la modernité ?
Votre réponse prendra appui sur le texte d'Émile Zola, vos lectures, votre culture, vos connaissances et expériences personnelles. Vous présenterez votre propos (entre 20 et 30 lignes) de façon structurée et argumentée. La rédaction d'une introduction et d'une conclusion n'est pas attendue.
Ce que les jurys attendaient :
- Un propos nuancé, qui montre l'ambivalence de la modernité chez Zola : embellissement et assainissement de la ville, mais aussi destruction de quartiers et menace pour le petit commerce face au grand magasin (Reims). Il fallait interroger à la fois les opportunités et les risques (Créteil).
- Le texte comme appui, sans en faire un commentaire. Il n'était « pas possible d'en faire l'impasse » (Limoges). Les meilleures copies l'exploitent dans chaque partie (Reims).
- Au moins deux parties rédigées, sans titres (Reims), en 20 à 30 lignes. Les copies les moins bien notées font une vingtaine de lignes ou moins (Limoges).
- Des termes du sujet délimités : la modernité n'est ni la modernisation ni le progrès en général (Limoges).
- Une maîtrise correcte de la langue, évaluée dans cette partie. Le corrigé de Bordeaux sanctionne les interprétations erronées du texte, les exemples non pertinents et une langue défaillante.
Introduction et conclusion : le sujet précise qu'elles ne sont « pas attendues ». Reims conseille toutefois une introduction succincte, sans accroche du type « depuis la nuit des temps », et Créteil évoque « une brève introduction » et « une courte conclusion ». Notre conseil : une phrase d'entrée qui pose la question, et une phrase finale qui y répond. Cela ne coûte que deux lignes.
Les défauts les plus fréquents :
- Des idées juxtaposées qui ne progressent pas : « l'effet catalogue » (Reims, Limoges).
- Une opposition simpliste, ou deux parties collées artificiellement : « la modernité fait peur / la modernité améliore la vie » (Reims, Limoges).
- Un commentaire stylistique de Zola, ou une explication linéaire comme au bac (Reims, Versailles).
- Un propos conversationnel et un registre familier : « costards », « viré » (Limoges, Versailles).
- Des copies trop courtes ou inachevées (Bordeaux, Versailles).
Les références : c'est « le principal point faible » (Nantes).
- Appréciées : Les Temps modernes de Chaplin, 1984 d'Orwell (Reims, Limoges), Jules Verne, Germinal, Zazie dans le métro, Louis Pasteur, la Révolution industrielle, la loi de 2014 sur l'égalité filles-garçons (Limoges). L'intelligence artificielle est pertinente, à condition d'être développée (Reims).
- Déconseillées : les séries Netflix et les propos d'influenceurs (Reims), Disney (Bordeaux), Hunger Games, Harry Potter, ou ChatGPT cité comme référence culturelle (Versailles).
- Un titre ne suffit pas : développez l'exemple comme si les correcteurs ne le connaissaient pas (Limoges).
À faire : au brouillon, définissez les mots-clés du sujet (« changements », « modernité », « avoir peur »), notez vos idées et vos exemples, et ne rédigez pas (Reims). Bâtissez deux ou trois paragraphes, chacun avec une idée et un exemple expliqué. Gardez le texte de Zola comme fil conducteur.
Les conseils du jury (bac+3)
Ces recommandations sont celles que les jurys adressent eux-mêmes aux futurs candidats dans leurs rapports.
Étude de la langue
- Lire attentivement les questions, ne pas ajouter d'éléments non demandés (du temps perdu et des erreurs pénalisables) et ne pas recopier les énoncés. Les questions sont « sans surprise et sans piège », du niveau de la fin du cycle 4 (Reims).
- Lire de façon « régulière et méthodique » La Grammaire du français : terminologie grammaticale (Monneret et Poli, Eduscol) (Reims).
- « On ne peut se contenter de souvenirs scolaires approximatifs. » Une analyse juste et des manipulations comptent plus que l'étiquette (Créteil).
- S'entraîner régulièrement au découpage des propositions en traçant le schéma hiérarchique de la phrase (Bordeaux).
- Souligner les verbes conjugués, mettre les propositions entre crochets et entourer les mots de liaison. En réécriture, souligner les mots modifiés. Répondre dans un tableau pour les temps et modes comme pour les natures et fonctions (Limoges).
- Revoir la phrase simple et la phrase complexe dans la terminologie Eduscol (Versailles). Réviser le conditionnel, le complément d'agent, les voix active et passive (Bordeaux).
Lexique
- Enrichir son lexique : consulter les dictionnaires, travailler la dérivation et les étymologies, « lire beaucoup » (Reims).
- Maîtriser radical, préfixe et suffixe, les familles de mots et la polysémie (Versailles).
- Expliquer une expression en entier : « il faut aller au bout de la citation » (Limoges).
- Savoir reconnaître la métaphore, la métonymie, la personnification et l'opposition (Bordeaux).
Réflexion
- Utiliser le brouillon pour analyser le sujet, noter toutes les pistes et faire l'inventaire de ses connaissances, pas pour rédiger. Cela évite trois écueils : une pensée « au fil de la plume », des lieux communs non démontrés et un développement sec, sans exemples (Reims).
- Lire et annoter le texte avant d'écrire (Limoges).
- Se constituer un répertoire d'exemples littéraires, cinématographiques et picturaux : le corpus du bac « ne peut suffire » (Versailles).
- Commencer par les œuvres patrimoniales recommandées pour l'école primaire (listes Eduscol). Pour chaque œuvre, retenir sa problématique et un personnage marquant. Développer chaque exemple comme si les correcteurs ne le connaissaient pas (Limoges).
- Lire des classiques et varier les références : littéraires, historiques, artistiques (Bordeaux).
- La pratique régulière de l'écriture est le premier levier de progrès (Créteil).
Langue et présentation
- Réviser les accords, la ponctuation et les homophones, notamment é/er (Bordeaux).
- Séparer nettement les parties français et mathématiques ; aérer la copie et soigner l'écriture (Limoges).
- Écrire des phrases courtes ; suivre la démarche de production d'écrit : planifier, rédiger, réviser (Limoges).
- Garder un temps de relecture et pratiquer la relecture inversée, de la dernière phrase à la première (Limoges).
Préparation
- Commencer à réviser plusieurs mois avant l'épreuve, à partir d'un état des lieux de son niveau (annales, tests de positionnement) (Mayotte).
- S'entraîner en conditions réelles et en temps limité (Mayotte, Bordeaux).
- Rédiger des écrits complets et les faire corriger : « la seule lecture de corrigés n'apprend pas à rédiger » (Mayotte).
- Ne jamais laisser de blanc, et ne pas compter sur le français pour compenser les mathématiques : chaque partie a sa note éliminatoire (Mayotte).
Pour s'entraîner : les sujets des groupements 2 et 3
Les candidats d'autres académies ont eu des sujets différents. Aucun des rapports que nous avons lus ne les commente, mais ils couvrent les mêmes notions et permettent de s'entraîner.
- Groupement 2 : Ivan Jablonka, En camping-car (2018). Langue : le superlatif et les degrés de l'adjectif « élégant », nature et fonction, type et formes d'une phrase, conjugaison de « Les photos la montrent » à six temps de l'indicatif. Lexique : « apogée », formation et famille d'« inconcevable ». Réflexion : « Selon vous, comment peut-on développer l'imaginaire d'un enfant ? » Sujet officiel (PDF).
- Groupement 3 : François-Henri Désérable, Chagrin d'un chant inachevé (2025). Langue : fonctions, sujet et COD, temps et mode de « j'aurais volontiers emprunté » puis conjugaison, passage au discours indirect, délimitation des propositions, type et forme d'une phrase. Lexique : formation d'« intranquilles », sens d'une phrase. Réflexion : « Selon vous, qu'est-ce qui pousse l'être humain à voyager ? » Sujet officiel (PDF).
Ces deux sujets montrent que le bac+3 peut aussi interroger le type et les formes de phrase, les degrés de l'adjectif, la conjugaison à plusieurs temps et le discours indirect. Révisez-les aussi.
Concours bac+5 : le sujet de Maalouf
Le format : épreuve de 3 heures, notée sur 20. L'étude de la langue compte pour 8 points, le lexique pour 3 et la réflexion pour 9. Une note de 5 sur 20 ou moins est éliminatoire.
Le texte : un extrait du Périple de Baldassare d'Amin Maalouf (2000). Le narrateur, un marchand, commence un carnet où il consigne son voyage ; il évoque le premier cahier perdu et la fuite de Londres en flammes. Lire le sujet complet (PDF officiel).
Étude de la langue (8 points)
Question 1
Identifiez la nature et la fonction grammaticales des mots et groupes de mots soulignés.
Je me suis finalement procuré ce matin un cahier de feuilles cousues, dont je noircis en cet instant, non sans volupté, la toute première page. Mais je ne suis pas sûr que je continuerai. (lignes 1-3)
Le corrigé (Bordeaux)
| Occurrence | Nature | Fonction |
|---|---|---|
| un cahier de feuilles cousues | groupe nominal | COD du verbe « se procurer » |
| dont | pronom relatif | complément du nom « page » (ou du groupe nominal « la toute première page ») |
| en cet instant | groupe prépositionnel (ou groupe nominal prépositionnel) | complément circonstanciel de temps |
| sûr | adjectif qualificatif | attribut du sujet « je » |
Les erreurs relevées : les natures sont bien identifiées, les fonctions beaucoup moins (Reims, Limoges).
- dont : sa fonction est le plus souvent fausse. Il a été pris pour le COD de noircir (Reims, Limoges, Nantes).
- sûr : pris pour un adverbe ou une préposition, et l'attribut confondu avec un COD (Limoges).
- un cahier… : le verbe pronominal n'est pas écrit en entier (« procurer » au lieu de « se procurer »), ce qui a été pénalisé (Limoges). Confusion entre COD et complément du nom (Nantes).
- Des réponses incomplètes : « COD » sans le verbe, « complément circonstanciel » sans « de temps », « attribut du sujet » sans le sujet (Nantes).
- Des ajouts comme « GN étendu » ou « expansé » présentés comme une nature : pénalisés (Limoges).
À faire : pour trouver la fonction de dont, remplacez-le par ce qu'il représente : « je noircis la toute première page du cahier ». Du cahier complète page, donc dont est complément du nom page. Faites ce test pour chaque pronom relatif.
Question 2
Dans la phrase suivante, délimitez les propositions et précisez la nature de chacune d'elles.
Le premier cahier, qui racontait le commencement de mon périple, s'est perdu lorsque je dus quitter Constantinople à la hâte. (lignes 13-14)
Le corrigé (Bordeaux)
| Proposition | Nature |
|---|---|
| Le premier cahier, qui racontait le commencement de mon périple, s'est perdu (ou : Le premier cahier s'est perdu) | proposition principale |
| qui racontait le commencement de mon périple | proposition subordonnée relative (adjective) |
| lorsque je dus quitter Constantinople à la hâte | proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de temps |
Une subordonnée « est incluse dans la proposition principale » : la réponse la plus juste considère que la principale est la phrase entière. La présentation scolaire, qui isole « Le premier cahier s'est perdu », reste acceptée (Dijon).
Les erreurs relevées : la question est bien mieux réussie qu'au bac+3 (Reims, Nantes), mais :
- La relative insérée au milieu de la principale n'a pas été délimitée (Créteil). L'enchâssement est très peu commenté, et dans 95 % des copies la principale est réduite à « Le premier cahier s'est perdu » (Limoges).
- « Proposition relative » au lieu de « subordonnée relative » ; la circonstancielle prise pour une complétive (Nantes).
- Des termes mélangés : « subordonnée complétive circonstancielle », « indépendante principale » (Reims).
- La fonction des subordonnées ajoutée alors qu'elle n'était pas demandée : réponses erronées pénalisées (Dijon, Limoges).
À faire : recopiez la phrase et placez chaque proposition entre crochets, une relative insérée étant un crochet dans un crochet. N'oubliez aucun mot (Dijon).
Question 3
Identifiez, dans le passage ci-dessous, le temps, le mode et la voix des verbes soulignés.
Que ce cahier survive ou qu'il brûle, j'écrirai […]. D'abord raconter comment j'ai fui l'enfer de Londres. Lorsque l'incendie s'était déclaré, j'avais été contraint de me cacher. (lignes 26-28)
Le corrigé (Bordeaux)
| Verbe | Temps | Mode | Voix |
|---|---|---|---|
| brûle | présent | subjonctif | active |
| écrirai | futur (simple) | indicatif | active |
| s'était déclaré | plus-que-parfait | indicatif | pronominale |
Les erreurs relevées : c'est la question la plus échouée de la partie (Bordeaux).
- Le subjonctif de qu'il brûle n'est pas repéré (Créteil, Reims, Nantes, Limoges).
- La voix pronominale n'est « quasiment jamais identifiée » (Limoges). Beaucoup ne connaissent que l'actif et le passif (Dijon) et répondent « voix passive » (Limoges). Voir le guide Eduscol de terminologie, p. 141 (Reims).
- Le futur confondu avec le conditionnel, le plus-que-parfait avec le passé composé (Reims).
- Des informations non demandées, comme la personne : aucun point (Limoges).
À faire : le subjonctif se repère après « que » dans une tournure de souhait, d'hypothèse ou de concession (« que… ou que… »). La voix pronominale se repère au pronom réfléchi (se, s') qui accompagne le verbe. « Maîtriser l'ensemble des tiroirs verbaux, dont aucun n'est accessoire » (Créteil).
Question 4
Dans la phrase suivante, mettez au pluriel les mots soulignés et faites toutes les transformations nécessaires.
Dans mon magasin de Gibelet, lorsque je devais parfois jeter au feu un vieux livre pourrissant et décomposé, je ne pouvais m'empêcher de songer un instant avec tendresse au malheureux qui l'avait écrit. (lignes 17-19)
Le corrigé (Bordeaux)
Dans notre magasin de Gibelet, lorsque nous devions parfois jeter au feu de (ou des) vieux livres pourrissants et décomposés, nous ne pouvions nous empêcher de songer un instant avec tendresse aux malheureux qui les avaient écrits.
Les erreurs relevées :
- « Je » remplacé par « ils » ou « vous » au lieu de « nous » (Créteil, Reims, Limoges).
- « Mon » non transformé en « notre » (Limoges).
- pourrissants non accordé, ou écrit avec un seul r (Limoges, Nantes). C'est ici un adjectif verbal, qui s'accorde, contrairement au participe présent (Reims, Nantes).
- écrits non accordé, alors que le COD les est placé avant l'auxiliaire avoir (Reims, Nantes, Limoges).
- Des erreurs de copie et des accents oubliés : pénalisés (Dijon, Limoges).
Lexique et compréhension lexicale (3 points)
Question 1
Expliquez, en contexte, le sens des trois expressions suivantes : a) « non sans volupté » (ligne 2) ; b) « mortel oublieux de la mort » (ligne 16) ; c) « populace écervelée » (ligne 29).
Le corrigé (Bordeaux)
- a) « non sans volupté » : la double négation renverse le sens : avec plaisir. C'est le plaisir raffiné qu'éprouve le narrateur à commencer son récit, à la fois sensoriel (le papier, le geste d'écrire) et affectif (le retour sur soi).
- b) « mortel oublieux de la mort » : une alliance de mots, un paradoxe. Elle désigne l'homme qui se sait mortel mais continue d'agir, d'espérer et de créer comme s'il était immortel.
- c) « populace écervelée » : le suffixe -ace est péjoratif (comme dans fadasse, paperasse, vinasse) et « écervelée » signifie « sans cervelle ». L'expression désigne la foule déchaînée de Londres, animée par la haine et le fanatisme, et traduit la peur et le jugement du narrateur.
Les erreurs relevées :
- a) La double négation est manquée par la majorité, qui comprend l'inverse (Reims, Nantes). Volupté est rapproché de voulu, volume, volute ou volonté (Reims). Répondre « volupté = plaisir » sans tenir compte de la négation a été sanctionné (Créteil). Nommer la litote est valorisé, mais ne suffit pas sans explication (Dijon).
- b) L'expression est rattachée au carnet ou aux livres au lieu du narrateur (Dijon, Nantes, Limoges). C'est l'élément le moins réussi à Limoges. L'allusion à Sisyphe et la note de bas de page pouvaient éviter l'erreur (Nantes).
- c) « Populace » réduit à une valeur familière au lieu de péjorative (Limoges), et la population de Londres rarement citée (Limoges).
Question 2
Citez trois mots appartenant à la même famille que les noms suivants : a) « culpabilité » (ligne 29) ; b) « furie » (ligne 28).
Le corrigé (Bordeaux)
a) coupable, culpabiliser, culpabilisation, déculpabiliser, disculper, inculper, mea culpa, battre sa coulpe. b) furieux, fureur, furibond, furibard, furieusement.
Les erreurs relevées :
- Des synonymes ou des mots du même champ lexical au lieu de mots de la famille (Bordeaux, Créteil, Limoges). Une famille réunit des mots de même radical ; un champ lexical, des mots du même thème (Nantes). C'est une « notion élémentaire enseignée au premier degré » (Reims), dès le cycle 2 (Limoges).
- Des barbarismes : « furiosité », « furiable », « furiement », « culpablement » (Reims).
- Des rapprochements par le son : « culpabilité » avec « cupide », « furie » avec « fureter » (Bordeaux), ou avec la famille de « folie » (Nantes).
- « Furieuse » refusé : c'est une forme féminine de « furieux », pas un mot nouveau. Les formes familières sont aussi refusées (Nantes).
À faire : lisez le texte en entier, avec les notes de bas de page (Nantes). Expliquez à la fois le sens du mot et son sens dans le texte (Limoges). Pour une négation, demandez-vous toujours si elle renverse le sens. Tenez un carnet de vocabulaire avec familles de mots et étymologies (Reims, Dijon).
Réflexion et développement (9 points)
Le sujet
Quel est, selon vous, l'intérêt pour une personne de mettre par écrit ses expériences vécues ?
Vous répondrez à cette question en vous appuyant sur le texte d'Amin Maalouf, votre réflexion personnelle, vos lectures et votre culture. Vous présenterez votre propos de façon structurée et argumentée.
Ce que le corrigé de Bordeaux attend : une introduction et une conclusion ; au moins deux parties distinctes ; des phrases construites (le style télégraphique est pénalisé) ; des exemples variés (littérature, cinéma, peinture, musique), le texte de Maalouf étant l'exemple privilégié. La dialectique n'est pas exigée : les plans dialectiques et thématiques sont tous deux acceptés (Dijon).
Les pistes proposées par le jury (Bordeaux) :
- Se comprendre et se connaître : l'écriture comme introspection (« Les mots savent de nous ce que nous ne savons pas encore », René Char) et comme thérapie (l'écriture expressive de James Pennebaker ; le Journal de Virginia Woolf).
- Garder une trace : Nathalie Sarraute, Enfance ; Sartre, Les Mots ; Rousseau, Les Confessions et l'épisode du peigne cassé.
- Témoigner et transmettre : Montaigne, Madame de Sévigné, Chateaubriand, Jean de Léry, Semprun, Primo Levi, le Journal d'Anne Frank.
- Atteindre l'universel : Hugo, Les Contemplations.
Les erreurs relevées :
- Un sujet mal cerné : il portait sur l'écriture de soi, des expériences vécues. Des copies ont traité de l'écriture en général, ou d'expériences de personnages fictifs (Reims, Nantes). D'autres ont confondu le point de vue de celui qui écrit avec celui du lecteur (Bordeaux).
- Le Journal d'Anne Frank est « présent dans la quasi-totalité des copies » (Limoges). Utilisé comme seule référence, il ne suffit pas (Bordeaux, Reims).
- Des références plaquées : « pas opportun de chercher à placer coûte que coûte une référence que l'on maîtrise » (Nantes). L'Iliade, l'Odyssée et Les Misérables ont été jugés non pertinents (Reims).
- Des erreurs d'attribution : Voltaire présenté comme l'auteur de « J'accuse » (c'est Zola), Hugo comme celui des Fleurs du mal (c'est Baudelaire), Olympe de Gouges placée au Moyen Âge (Reims).
- Une énumération au lieu d'un raisonnement : pas de mise en tension, arguments répétitifs (Limoges). Une structure souvent artificielle (Nantes).
- Un commentaire stylistique du texte de Maalouf : hors sujet (Reims).
Faut-il parler de l'école ? Nantes conseille d'« envisager la projection dans la classe », et Limoges regrette le peu de lien avec le métier. Dijon juge au contraire « inutile de tout rapporter à la pédagogie ». Notre conseil : un lien bref, en fin de partie ou en conclusion, s'il découle naturellement de votre raisonnement.
À faire : au brouillon, résumez chaque partie en une phrase. Dans chaque partie, écrivez deux ou trois paragraphes, chacun avec un argument et un exemple maîtrisé (Nantes). L'introduction tient en quelques lignes : sujet, problématique, annonce du plan. La conclusion répond explicitement à la question ; l'ouverture est acceptée, pas exigée (Dijon).
Session supplémentaire (Créteil). Le sujet portait sur De la Terre à la Lune de Jules Verne, avec cette réflexion : « Pourquoi l'Homme est-il toujours poussé à explorer l'Inconnu ? » Le jury attendait une analyse du mot-clé « Inconnu » et des références autres que Verne. La moitié des candidats a eu moins de 1,5 sur les 3 points réservés à l'orthographe (Créteil). Sujet officiel (PDF).
Les conseils du jury (bac+5)
Ces recommandations sont celles que les jurys adressent eux-mêmes aux futurs candidats dans leurs rapports.
Étude de la langue
- Travailler les questions types avec des exercices de niveau collège, comme ceux du brevet (Nantes).
- Écrire les termes en toutes lettres, « comme ils auront à le faire s'ils enseignent », sans ajouts inutiles, et vérifier que la réponse est complète (Nantes).
- S'en tenir à la consigne. La totalité des points n'est accordée que si la réponse est complète. Un classement demandé mais absent est « lourdement pénalisé ». Tableaux, schémas et listes à puces sont parfois utiles. Il n'y a pas de « question piège » (Dijon).
- Lire les consignes plusieurs fois, garder une méthode stable et prendre des automatismes : « COD du verbe… », « attribut du sujet… ». Connaître La Grammaire du français du CP à la 6e (Limoges).
- « Maîtriser l'ensemble des tiroirs verbaux, dont aucun n'est accessoire » (Créteil).
- S'entraîner au découpage des propositions en traçant leur schéma hiérarchique (Bordeaux).
Lexique
- Lire le texte plusieurs fois, en s'aidant du paratexte et des notes de bas de page. Comprendre les expressions dans leur contexte plutôt que mot à mot (Nantes).
- Décomposer les mots, puis vérifier leur sens dans la phrase et dans l'ensemble du texte (Dijon).
- Lire des textes de siècles, d'univers et de genres variés. Utiliser un dictionnaire de langue et un dictionnaire étymologique. Connaître les modes de formation des mots : emprunt, dérivation, composition, néologisme (Dijon).
- Noter les mots nouveaux et les réemployer (Reims).
Réflexion
- Analyser les termes du sujet au brouillon. Annoncer chaque argument en une phrase et soigner les transitions (Reims).
- Faire un plan au brouillon où chaque partie est résumée en une phrase. Dans chaque partie, écrire deux ou trois paragraphes, chacun avec un argument et un exemple maîtrisé. Se servir du texte sans s'y limiter, et équilibrer les parties (Nantes).
- Une introduction concise, un développement centré sur la problématique, des exemples intégrés et exploités, une conclusion qui fait la synthèse et répond à la question, des connecteurs logiques. Mobiliser les outils de l'analyse littéraire : genre, narrateur, personnage, registre (Dijon).
- Puiser dans les classiques et les œuvres patrimoniales recommandées pour l'école primaire (Limoges).
- S'entraîner à réactiver ses connaissances en temps limité, sur des sujets variés (Reims).
Langue et présentation
- Les meilleures copies ne sont pas les plus longues, mais les plus claires et synthétiques. Une graphie lisible est attendue, « modélisante » pour les élèves. Les ratures nettes sont tolérées. Utiliser une encre foncée, car les copies sont numérisées (Dijon).
- Faire plusieurs relectures ciblées : accords, ponctuation, accents (Dijon). Vérifier aussi les mots oubliés (Nantes).
- Écrire des phrases courtes, sans « phrases tunnels », avec une écriture lisible et conforme à la norme enseignée. Souligner les titres d'œuvres (Limoges).
- Marquer les paragraphes par des alinéas et des sauts de ligne (Nantes).
Préparation
- S'entraîner en temps limité sur les annales (Dijon).
- Lire et relire les guides Eduscol : la Terminologie grammaticale et la Grammaire du CP à la 6e (Bordeaux, Limoges, Nantes).
Orthographe et présentation (bac+3 et bac+5)
- Des malus importants : 1,25 point sur 10 pour la majorité des copies (Limoges, bac+3) et souvent 2,5 points sur 20 (Limoges, bac+5). Environ 70 % des candidats du bac+5 ont perdu des points à cause de la langue (Reims).
- Des notes éliminatoires dues à l'expression écrite (Reims). Une copie comptait 63 erreurs en 23 lignes (Reims, bac+3), une autre 72 erreurs (Reims, bac+5).
- Les erreurs récurrentes : accord du participe passé, accord sujet-verbe et accords dans le groupe nominal ; homophones a/à, est/ait, tous/tout, é/er ; accents « plats » ; ponctuation (Reims, Bordeaux, Limoges).
- Des mots déformés : « exhutoire », « exumer », « succint ». Des expressions malmenées : « des livres qui me teignent à cœur », « jeter l'encre » (Reims, bac+5).
- La syntaxe : l'interrogation indirecte ne comporte pas d'inversion du sujet. Le tutoiement utilisé à la place de « on » est à proscrire (Reims).
- Les abréviations (COD, GN) sont refusées à Nantes et acceptées à Dijon si elles sont sans équivoque. Dans le doute, écrivez les termes en toutes lettres.
- La présentation : titres d'œuvres soulignés (Bordeaux, Reims) ; graphie lisible et encre foncée, car les copies sont numérisées (Dijon) ; paragraphes séparés par des sauts de ligne et des alinéas (Dijon, Nantes). Au bac+3, séparez nettement le français et les mathématiques (Limoges).
À faire : gardez 10 minutes pour relire. Faites une relecture par type d'erreur : accords, puis ponctuation, puis accents (Dijon). Limoges conseille aussi une relecture inversée, de la dernière phrase à la première, pour voir les fautes sans être porté par le sens.
Votre plan de préparation
- Faites le sujet de votre concours en temps limité avec le PDF officiel ci-dessus, puis comparez avec les corrigés de cette page.
- Travaillez la grammaire avec les deux guides Eduscol : La Grammaire du français – terminologie grammaticale (Monneret et Poli) et La Grammaire du français du CP à la 6e (Reims, Bordeaux, Limoges). Pour approfondir : la Grammaire méthodique du français (Riegel, Pellat, Rioul) et le Grevisse de l'enseignant (Bordeaux).
- Entraînez-vous chaque semaine sur les questions types : temps, modes et voix ; réécriture ; nature et fonction ; propositions. Ajoutez, pour le bac+3, le type et les formes de phrase et le discours indirect (groupements 2 et 3). Utilisez des exercices de collège et les annales du brevet (Nantes).
- Tenez un carnet de vocabulaire : mots nouveaux, familles, préfixes et suffixes, figures de style (Reims, Dijon).
- Constituez une banque de références : pour chaque œuvre, sa problématique, un personnage marquant et ce qu'il fait (Limoges). Commencez par les œuvres patrimoniales recommandées pour l'école primaire (listes Eduscol).
- Rédigez des devoirs complets et faites-les corriger. « La seule lecture de corrigés n'apprend pas à rédiger » (Mayotte).
- Ne laissez jamais de blanc (Mayotte), et gardez du temps pour la relecture.