Histoire-géographie : l'analyse des rapports 2026
Synthèse rédigée par PassCRPE à partir des rapports de jury officiels publiés par les académies.
En 2026, l'histoire-géographie et l'EMC forment un domaine d'épreuve dans les deux concours externes, mais pas sous la même forme. Au concours bac+3, c'est l'un des trois domaines que le candidat choisit pour la seconde épreuve d'admissibilité : des questions de connaissances, un croquis et un dossier d'EMC, notés sur 20. Au concours bac+5, c'est l'une des épreuves écrites d'application, de 3 heures : il faut concevoir et analyser des séquences pour l'école primaire. Pour chaque question, vous trouverez l'énoncé exact, ce que le jury attendait, un corrigé, les erreurs les plus fréquentes et ce qu'il faut travailler. Les jurys n'ont pas publié de corrigé complet : les corrigés ci-dessous sont rédigés par PassCRPE à partir des attendus détaillés dans les rapports. Tout le reste vient des rapports de jury de Bordeaux, Créteil, Dijon, Limoges, Mayotte, Nantes, Reims et Versailles. Chaque constat porte entre parenthèses le nom de l'académie qui l'a fait.
Les sujets officiels (site du ministère, devenirenseignant.gouv.fr)
- Bac+3, seconde épreuve, groupement 1 (PDF) : le domaine histoire-géographie-EMC est commenté ci-dessous.
- Bac+5, épreuve d'application, groupement 1 (PDF) : le domaine histoire-géographie-EMC est commenté ci-dessous.
- Autres sujets 2026 : bac+3 groupement 2, bac+3 groupement 3, bac+5 groupement 2, bac+5 groupement 3, bac+5 session supplémentaire.
Tous les sujets et rapports sont aussi listés sur la page officielle du ministère. Les numéros de page cités sur cette page sont ceux du PDF. Conseil : faites le sujet en temps limité avant de lire le corrigé.
Les 6 points à retenir
- Répondez à la question posée, pas au chapitre. Au bac+3, beaucoup de copies racontent la Seconde Guerre mondiale au lieu de caractériser le régime de Vichy (Limoges, Reims, Nantes). C'est le premier motif de perte de points.
- Les repères du collège sont exigés. Le jury cite Vichy placé après la Première Guerre mondiale ou après 1945, « le général Pétain », Bordeaux et Marseille « dans les terres » (Bordeaux, Limoges, Versailles). Le programme est celui du cycle 4.
- Un croquis se prépare comme un exercice de méthode : titre, légende hiérarchisée, figurés soignés, et le matériel le jour de l'épreuve (crayons de couleur, règle, stylo noir). Le croquis de la population a été « particulièrement mal réussi » (Bordeaux).
- En EMC, les documents ne suffisent pas. La paraphrase est sanctionnée ; le jury valorise les grands textes (DDHC, Constitution, lois Ferry, Charte de la laïcité) et les dispositifs de l'école (AESH, ULIS, REP, APC, PPRE).
- Au bac+5, une définition se construit avec des mots de géographe. La montagne n'est ni une « pyramide » ni une « grande colline » : altitude, pentes, versants, étagement, et les hommes qui l'aménagent (Dijon, Limoges, Reims).
- Une séquence se juge sur ce que font les élèves. Objectifs, compétences du programme, documents justifiés, trace écrite, évaluation : ce sont les points du barème que les copies oublient le plus (Dijon, Nantes, Limoges).
Les résultats publiés
| Académie | Copies | Moyenne / 20 | Détail |
|---|---|---|---|
| Concours bac+3 (domaine histoire-géographie-EMC de la seconde épreuve) | |||
| Nantes | 1 491 | 9,83 | médiane 9,75 |
| Bordeaux | 1 506 | 7,86 | médiane 7,75 ; un quart des notes sous 5 |
| Mayotte | 430 | 7,36 | médiane 6,50 |
| Limoges | 296 | 7,11 | histoire 1,52 / 5 ; géographie 2,41 / 5 ; EMC 4,89 / 10 |
| Concours bac+5 (épreuve d'application, domaine histoire-géographie-EMC) | |||
| Dijon | 172 | 10,64 | géographie 7,53 / 14 ; EMC 3,16 / 6 |
| Reims | 218 | 9,56 (public) ; 8,94 (privé) | 15 notes sous 5 |
| Limoges | 74 | 7,56 | géographie 6,94 / 14 ; EMC 2,58 / 6 |
Au bac+3, Limoges précise que l'orthographe a coûté 1,65 point en moyenne, et que près de 40 % des copies ont subi le retrait maximal de 2,5 points. À Reims, le domaine histoire-géographie-EMC a la moyenne la plus basse des domaines du bac+3.
Ce que montrent ces chiffres : au bac+3, le domaine est choisi par une grande majorité des candidats (91 % des présents à Mayotte, 1 506 copies à Bordeaux contre 604 au bac+5), mais il est souvent le plus faible. Bordeaux y voit « la faiblesse des acquis fondamentaux de nombreux candidats ». Le détail de Limoges est parlant : 1,52 sur 5 en histoire, une note qui tient presque entièrement à la question sur Vichy. Au bac+5, les moyennes sont proches de 10 à Dijon et à Reims, plus basses à Limoges, et l'EMC y est moins bien réussie que la géographie.
Concours bac+3 : le domaine histoire-géographie-EMC
Le format : le candidat traite trois domaines au choix parmi quatre (histoire-géographie-EMC, sciences et technologie, arts, langue vivante). Chaque domaine est noté sur 20 et compte pour un tiers de la note ; l'épreuve est éliminatoire si la note globale est de 15 sur 60 ou moins (Mayotte). Le programme est celui d'histoire-géographie et d'EMC du cycle 4. En 2026, le domaine comptait trois parties : histoire (5 points), géographie (5 points) et EMC (10 points).
Le niveau : il ne s'agit pas de « présenter des séances pédagogiques », mais de montrer « une maîtrise d'une culture générale suffisante » : la chronologie en histoire, la spatialisation en géographie (Créteil). Ce sont « des connaissances que des élèves qui passent le DNB peuvent être amenés à utiliser » (Bordeaux).
Histoire : les caractéristiques du régime de Vichy (5 points)
L'énoncé
Une seule question, sans document.
Quelles sont les caractéristiques du régime de Vichy ?
L'énoncé du domaine : Sujet bac+3 2026 (PDF), page 4
Les attendus et le corrigé
Le barème de Limoges répartissait les 5 points entre quatre caractéristiques : un régime autoritaire, la Révolution nationale, l'antisémitisme, et la collaboration avec l'occupant. Bordeaux attend aussi « un lexique précis pour les qualifier ». Une réponse organisée en quatre paragraphes suffit :
- Le contexte : après la défaite de juin 1940 et l'armistice du 22 juin, l'Assemblée vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain le 10 juillet 1940. La IIIe République est remplacée par l'« État français », installé à Vichy, en zone non occupée, jusqu'en 1944.
- Un régime autoritaire, en rupture avec la République : le pouvoir est concentré entre les mains d'un chef, objet d'un culte de la personnalité ; les libertés publiques sont supprimées (partis, syndicats, élections), la presse est censurée, la propagande omniprésente. La devise « Liberté, Égalité, Fraternité » disparaît.
- La Révolution nationale : une idéologie nationaliste et réactionnaire résumée par la devise « Travail, Famille, Patrie », qui valorise la terre, la famille, l'ordre et rejette les valeurs républicaines.
- L'antisémitisme d'État : les statuts des Juifs d'octobre 1940 et de juin 1941 les excluent de nombreuses professions, leurs biens sont confisqués (« aryanisation »). La police française participe aux arrestations, comme la rafle du Vel d'Hiv en juillet 1942, qui conduisent à la déportation.
- La collaboration : engagée après l'entrevue de Montoire (octobre 1940), elle est politique, policière et économique (Service du travail obligatoire en 1943) ; la Milice, créée en 1943, traque les résistants.
Les erreurs relevées : le régime de Vichy « s'est révélé inconnu de la majorité des candidats » à Mayotte ; Limoges parle d'un régime « mal connu », Nantes d'une histoire qui reste pourtant « une valeur refuge ».
- Le hors-sujet : un récit de la guerre, de la défaite ou de la Résistance au lieu des caractéristiques du régime (Limoges, Reims, Nantes). Quelques copies ont même fait une carte sur le régime de Vichy dans la partie géographie (Versailles).
- Les erreurs de chronologie : Vichy situé après la Première Guerre mondiale ou après 1945, confondu avec la IVe ou la Ve République (Bordeaux, Nantes, Versailles, Reims). Limoges cite « le régime de Vichy prend fin […] lors de la signature de l'armistice le 11 novembre ».
- Les contresens : « les Français ont élu le maréchal Pétain », « le général Pétain », « Pétain sera jugé lors des procès de Nuremberg », zone libre confondue avec la France libre (Limoges, Versailles).
- Des notions absentes : la Révolution nationale est presque jamais citée, le mot « antisémitisme » est peu employé alors qu'il était valorisé, la rupture avec la République est rarement dite (Limoges, Nantes). La responsabilité propre de Vichy dans les mesures contre les Juifs est souvent attribuée à la seule Allemagne (Versailles).
- Les noms propres : « Pétin », « De Gaule », « Hilter » (Limoges). Seul le général de Gaulle est « mobilisé à bon escient » (Mayotte).
À faire : pour une question « Quelles sont les caractéristiques… », annoncez les caractéristiques dès la première phrase, puis développez-les une par une avec une date ou un exemple. Apprenez à distinguer régime totalitaire, dictature et régime autoritaire (Versailles), armistice et capitulation (Nantes), zone libre et France libre.
Géographie : croquis de la répartition de la population (5 points)
L'énoncé
Le fond de carte (document réponse DR 1) porte le tracé des fleuves et les points des principales villes, sans leur nom, avec un cadre « Titre » et un cadre « Légende ».
Représentez sur le fond de carte du document réponse DR 1 la répartition de la population française.
Le fond de carte à compléter : Sujet bac+3 2026 (PDF), page 31
Les attendus et le corrigé
Il était attendu « une carte titrée et légendée faisant état de différentes densités de population, où se dessinait la diagonale du vide » (Limoges). On n'attendait « qu'une schématisation » (Bordeaux). Un croquis complet comporte :
- Un titre : « La répartition de la population en France métropolitaine ».
- Les fortes densités (couleur foncée) : la région parisienne, les grandes métropoles (Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Strasbourg, Nice), les littoraux, surtout breton et méditerranéen, les grandes vallées (Seine, Rhône, Loire, Rhin), le Nord et l'Est (Bordeaux, Versailles).
- Les faibles densités (couleur claire) : la « diagonale du vide », du nord-est au sud-ouest, les massifs montagneux (Alpes, Pyrénées, Massif central, Corse) et les Landes (Bordeaux).
- Une légende hiérarchisée : des plages de couleur du plus foncé au plus clair selon la densité, et un figuré ponctuel pour les grandes aires urbaines. On peut indiquer que la densité moyenne est d'environ 120 habitants au km².
Les erreurs relevées : l'exercice a été « particulièrement mal réussi, que ce soit du point de vue des connaissances ou de la méthodologie de la cartographie » (Bordeaux). Le titre et la légende sont toutefois présents dans la plupart des copies (Nantes, Reims).
- Densité et ville confondues : les candidats ont entouré les métropoles au lieu de délimiter des zones de densité ; le fond de carte, avec ses nombreux points, a pu les y pousser (Bordeaux, Nantes, Limoges, Versailles).
- Des oublis : le Nord et l'Est (Lille, Strasbourg, Lyon), les vallées fluviales, les frontières (Limoges, Versailles, Reims).
- Des erreurs de localisation : Marseille, Nice ou Bordeaux placées dans les terres, Toulouse à l'est, les Alpes et les Pyrénées considérées comme très peuplées, tous les littoraux sans distinction (Limoges).
- Une légende mal construite : « zone avec beaucoup de population », « moyennement peuplé », pas de gradation dans les couleurs, des figurés reportés sans rigueur (Limoges, Nantes, Bordeaux). Des titres comme « la concentration de la population française par habitant » (Limoges).
- Le soin et le matériel : cartes coloriées au surligneur ou au feutre, hachures à main levée, croquis au stylo d'une seule couleur (Limoges, Versailles).
À faire : entraînez-vous à refaire de mémoire les grands croquis de la France du programme de 3e (population, aires urbaines, espaces de faible densité). Apportez des crayons de couleur, une règle et un stylo noir : le titre et la légende s'écrivent en noir, pas dans la couleur des figurés (Limoges). Sachez placer sans hésiter les 5 ou 6 grandes villes, les fleuves et les massifs (Versailles).
EMC : l'égalité à l'école (10 points)
L'énoncé
Trois documents : l'article L111-1 du Code de l'éducation (document 1), une note de la DEPP de février 2025 sur les acquis des élèves de petite section selon le sexe, la profession des parents et le trimestre de naissance (document 2), une affiche sur l'égalité filles-garçons réalisée par des élèves de CE2 (document 3).
1. Pourquoi l'égalité est-elle considérée comme un principe fondamental de l'école de la République ?2. L'égalité des droits est affirmée par la loi. Que nous apprend le document 2 ?3. Montrez comment l'école met en œuvre le principe d'égalité entre tous les élèves, quelles que soient leurs différences. Précisez comment l'EMC, par ses finalités, peut contribuer à cet objectif.
Les trois documents, dont le tableau de la DEPP et l'affiche : Sujet bac+3 2026 (PDF), pages 6 à 8
Les attendus et le corrigé
Le candidat devait « faire découler le principe d'égalité à l'école des grands textes et principes qui régissent la société française (Constitution, DDHC, devise, etc.) », puis montrer sa mise en œuvre « au niveau institutionnel, dans les programmes et dans la classe » (Limoges).
- 1. L'égalité est inscrite dans la devise, dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (article 1er : les hommes « naissent et demeurent libres et égaux en droits ») et dans la Constitution de 1958 (article 1er). L'école en est le premier lieu d'application depuis les lois Ferry : gratuité (1881), obligation et laïcité (1882). Le document 1 en donne les objectifs actuels : égalité des chances, lutte contre les inégalités sociales et territoriales, scolarisation inclusive, mixité sociale. Les enjeux sont la cohésion nationale, l'unité républicaine, et le mérite plutôt que les privilèges de la naissance (Bordeaux).
- 2. Le tableau donne des scores, et non des nombres d'élèves (Limoges). Dès la petite section, les filles ont de meilleurs résultats que les garçons, les élèves nés en début d'année que ceux nés en fin d'année, et les enfants de milieux très favorisés que ceux de milieux défavorisés. L'égalité des droits ne garantit donc pas l'égalité des résultats : ces écarts existent avant l'effet de l'école et s'expliquent notamment par le capital culturel des familles (Bordeaux, Limoges). D'où la nécessité de compenser ces inégalités.
- 3. L'école agit par l'inclusion (AESH, ULIS, projets personnalisés), l'éducation prioritaire (REP et REP+, dédoublement des classes), le soutien (APC, PPRE), la différenciation pédagogique et l'égalité filles-garçons, illustrée par le document 3. L'EMC y contribue par ses finalités : respecter autrui, acquérir et partager les valeurs de la République, construire une culture civique. On peut citer la lutte contre les discriminations et le harcèlement, les débats réglés, les conseils d'élèves, le parcours citoyen.
Les erreurs relevées : l'EMC est la partie la mieux réussie à Limoges, la plus fragile à Nantes. Les difficultés sont les mêmes partout :
- La paraphrase des documents, à commencer par le Code de l'éducation, sans connaissances pour l'étayer (Bordeaux, Versailles, Reims, Créteil).
- Le tableau mal lu : des scores pris pour des nombres d'enfants ; un écart entre filles et garçons jugé faible alors que le titre du document l'affirme (Limoges). Une simple description sans interprétation des causes (Nantes). La question 2 permettait pourtant « d'obtenir deux points facilement » (Limoges).
- Des dispositifs ignorés : REP, AESH, APC, PAP, PPRE ne sont pas perçus comme des moyens d'assurer l'égalité (Versailles, Nantes, Reims). L'égalité filles-garçons a été « quasiment ignorée » (Nantes).
- « Éducation morale et civique » au lieu d'enseignement moral et civique (Limoges).
À faire : pour chaque valeur de la République, apprenez un texte fondateur, sa date et une traduction concrète à l'école. Lisez un tableau statistique en trois temps : ce que mesurent les chiffres, les écarts les plus nets, leur explication. Les copies qui citent la Constitution, la DDHC ou les lois Ferry hors du dossier ont été valorisées (Limoges, Créteil).
Les conseils du jury (bac+3)
Connaissances
- Maîtriser les repères fondamentaux des programmes de cycle 4 : chronologie, événements, repères spatiaux (Bordeaux). Le jury n'attend pas « une connaissance approfondie » mais « une culture générale suffisante » (Créteil).
- Caractériser une période ou un espace par des traits précis, avec un lexique adapté (Bordeaux).
- Ne pas négliger l'EMC : les valeurs et principes, les grands textes (DDHC, lois scolaires, Charte de la laïcité), les symboles de la République (Créteil, Bordeaux).
Méthode
- Lire tout le sujet avant de commencer, pour éviter les répétitions entre les questions (Créteil, Nantes).
- Préférer une réponse courte et centrée à un long développement hors sujet (Créteil). Éviter les introductions trop longues (Limoges).
- Faire un plan au brouillon, notamment en histoire (Nantes).
- S'entraîner aux langages de la discipline : carte, croquis, frise, schéma (Bordeaux).
Langue
- Relire l'orthographe, la ponctuation et les noms propres : « quelque soit » au lieu de « quel que soit » est relevé dans presque toutes les copies à Limoges.
- Soigner l'écriture : des lettres finales mal formées sont illisibles (Limoges).
Préparation
- S'entraîner avec les manuels scolaires du cycle 4 (Bordeaux) et le site Éduscol (Créteil).
- Préparer ce domaine comme le français et les mathématiques : « ceux qui l'ont préparée l'ont réussie » (Mayotte).
Pour s'entraîner : les sujets des groupements 2 et 3
- Groupement 2. Histoire (6 points) : comment l'Église encadre la société dans l'Occident médiéval. EMC (4 points) : comment le principe de laïcité contribue à la lutte contre les discriminations à l'école. Géographie (10 points) : l'attractivité touristique de Menton, les contraintes et vulnérabilités des littoraux méditerranéens, et un croquis de paysage à partir d'une vue aérienne.
- Groupement 3. Géographie (5 points) : les critères qui distinguent un espace rural d'un espace urbain. EMC (5 points) : pourquoi l'empathie permet de mieux vivre ensemble. Histoire (10 points) : les caractéristiques de l'industrialisation de la France au XIXe siècle, puis l'évolution de la condition féminine à partir de documents.
Concours bac+5 : l'épreuve d'application
Le format : épreuve de 3 heures, notée sur 20, qui « consiste en la conception et/ou l'analyse d'une ou plusieurs séquences ou séances d'enseignement à l'école primaire (cycle 1 à 3) ». Chaque session porte sur deux composantes parmi trois : histoire, géographie, EMC. En 2026, ce sont la géographie (14 points) et l'EMC (6 points), toutes deux en CE2, avec un dossier de 12 documents.
Le niveau : le choix du cycle 2 « a pu désorienter certains candidats », mais le texte de l'épreuve prévoit les cycles 1 à 3 (Bordeaux). Les copies sont « très hétérogènes » : « une réussite remarquable est possible lorsque rigueur, connaissance disciplinaire et logique didactique sont réunies » (Bordeaux). Des liens étaient attendus entre les deux parties, par la protection de la montagne et l'éducation au développement durable (Dijon, Limoges).
Géographie : les paysages de montagne au CE2 (14 points)
L'énoncé
Vous enseignez en classe de CE2 et vous préparez une séquence d'apprentissage sur l'identification des paysages. Vous avez choisi de travailler sur les massifs montagneux.
1. Élaborez une définition, à destination des élèves, de ce qu'est une montagne.2. Analysez, à partir du document 10, les représentations que les élèves ont de la montagne et l'usage que vous en feriez dans la construction de votre séquence.3. Après avoir réalisé le recueil de représentations initiales, expliquez quelle démarche vous mettriez en œuvre dans votre séquence. Vous détaillerez :– le nombre de séances, leur titre et ce que vos élèves doivent comprendre et retenir de chacune ;– le ou les documents choisis pour votre séquence en expliquant les raisons de votre choix. Vous détaillerez une situation d'apprentissage qui permettra l'utilisation du ou des documents.
Le dossier comprend notamment : le programme de cycle 2 et une ressource Éduscol (documents 1 et 2), une carte en relief de la France (document 3), une définition scientifique de la montagne (document 4), l'étagement de la végétation dans le massif du Mont-Blanc (document 5), une photographie de hautes vallées (document 6), La Clusaz sur une carte postale du début du XXe siècle et en 2025 (document 7), des textes sur le tourisme et le réchauffement climatique (documents 8 et 9), et des dessins d'élèves (document 10).
Les 12 documents, dont les dessins d'élèves (page 31) et les photographies de La Clusaz (page 28) : Sujet bac+5 2026 (PDF), pages 20 à 33
Les attendus et le corrigé
- 1. Il fallait au moins trois éléments de vocabulaire : relief, altitude, pente, climat, étagement (Dijon). Une définition possible pour des CE2 : « Une montagne est un relief très élevé, avec des pentes raides appelées versants, séparées par des vallées. Plus on monte, plus il fait froid : la végétation change avec l'altitude et la neige reste longtemps. Les hommes y vivent et l'aménagent : villages, routes, stations de ski. » Bordeaux suggère de l'accompagner d'un schéma simple et de la compléter par la plaine, le plateau et la vallée. Le document 4 invitait aussi à ne pas oublier la montagne aménagée et transformée par les hommes (Dijon, Reims).
- 2. Les dessins montrent des représentations stéréotypées : des sommets pointus et enneigés, des conifères, un espace inhabité, rarement des activités humaines (Dijon). Attention : la consigne donnée à ces élèves était de dessiner « un beau paysage », pas une montagne, d'où le soleil et les oiseaux (Limoges). Ce recueil sert d'évaluation diagnostique : on part de l'archétype pour aller vers un espace aménagé par l'homme, et on refait dessiner les élèves en fin de séquence pour mesurer l'évolution (Dijon).
- 3. Une séquence de quatre à cinq séances, par exemple : recueillir les représentations ; observer et décrire une photographie de montagne pour acquérir le vocabulaire (sommet, versant, vallée, altitude) ; localiser les grands massifs français sur la carte en relief (document 3) ; comprendre l'étagement de la végétation (document 5) ; comparer la carte postale ancienne et la photographie actuelle de La Clusaz (document 7) pour montrer qu'un paysage se transforme et que les contraintes d'hier, comme l'enneigement, deviennent des atouts. Le lien avec le programme est « comparer les paysages d'aujourd'hui et du passé pour mettre en évidence quelques transformations » (Dijon). La séance détaillée précise la consigne, le rôle de l'enseignant, la tâche des élèves, la trace écrite (photographie légendée, schéma, croquis simple) et l'évaluation.
Les erreurs relevées : le recueil des représentations est globalement bien construit et le document 7 souvent bien exploité (Bordeaux, Nantes). Mais :
- Des définitions approximatives : « de grands triangles », « des pyramides », « une grande colline », « un pic qui a l'air de toucher le ciel » ; le mot « altitude » absent de nombreuses copies ; « verdure » pour la végétation (Dijon, Limoges). Certains ont compris qu'il y a des plaines et des plateaux dans les montagnes en lisant le document 4 (Limoges).
- Des confusions de notions : météo et climat, montagne et relief (Dijon, Limoges, Nantes). Une définition seulement topographique, sans les hommes ni l'aménagement (Reims, Nantes).
- Les dessins d'élèves pris pour un document scientifique, ou utilisés comme simple amorce sans en analyser les stéréotypes (Dijon, Nantes). Certains candidats semblent eux-mêmes partager ces représentations (Nantes).
- Des documents inadaptés aux élèves retenus sans recul, comme les documents 8 et 9 ; la carte en relief presque jamais utilisée ; la localisation des massifs rarement travaillée (Nantes, Dijon).
- Des séquences incomplètes : objectifs, compétences et connaissances confondus ; pas de trace écrite construite, pas d'évaluation ; un travail de groupe proposé sans justification (Dijon, Limoges, Nantes, Reims).
À faire : apprenez une définition géographique des grands types de paysages (montagne, plaine, plateau, vallée, littoral) et entraînez-vous à la reformuler pour des élèves de 8 ans. Pour chaque document du dossier, demandez-vous : est-il pour l'enseignant ou pour la classe ? Une séance se décrit par sa consigne, ce que fait l'enseignant, ce que font les élèves, la trace écrite et l'évaluation.
EMC : le bien commun (6 points)
L'énoncé
Vous abordez la question de l'engagement pour le bien commun en enseignement moral et civique. Vous souhaitez travailler avec vos élèves sur la notion de responsabilité individuelle et collective par rapport aux autres et à l'environnement.
1. Le document 12 vous semble-t-il utilisable avec des élèves de CE2 pour construire cette notion et dans quelle mesure ?2. À partir de votre exploitation pédagogique utilisant le document 12 ou des situations quotidiennes d'école, quelle définition de « bien commun » construisez-vous avec les élèves ?
Le document 11 est un extrait du programme d'EMC de 2024 ; le document 12 est une campagne de sensibilisation du Parc national des Écrins (2016) sur les gestes éco-responsables en montagne.
L'affiche du Parc des Écrins : Sujet bac+5 2026 (PDF), page 33
Les attendus et le corrigé
- 1. Il fallait une approche critique du document (Dijon). Il est utilisable, car il montre des gestes concrets pour protéger un espace partagé et il fait le lien avec la séquence de géographie. Mais il a des limites : il est dense et éloigné du vécu d'élèves qui ne connaissent pas forcément la montagne, et il réduit la protection de l'environnement à de « petits gestes » individuels face à des enjeux bien plus vastes. Il faut donc l'accompagner d'une grille de lecture (titre, organisation de la page, illustrations) ou de documents plus proches des élèves. C'est dans cette question 1 qu'une exploitation pédagogique était attendue ; beaucoup de candidats l'ont placée dans la question 2 (Dijon).
- 2. Une définition possible, construite avec les élèves : « Le bien commun, c'est ce qui appartient à tous et dont chacun profite : l'air, l'eau, la montagne, mais aussi la cour de récréation ou les livres de la bibliothèque de l'école. Chacun est responsable d'en prendre soin, pour soi, pour les autres et pour ceux qui viendront après. » Elle se construit à partir de situations vécues : la propreté de la cour, le matériel partagé, un conseil d'élèves, un projet d'école. Le jury valorisait la référence à la « culture de l'engagement » du programme, les situations où l'intérêt particulier entre en tension avec l'intérêt général, et l'objectif de faire évoluer les comportements individuels (Dijon, Limoges).
Les erreurs relevées : l'EMC est plus échouée que la géographie à Limoges, « plus superficielle » à Nantes, et souvent traitée en dernier faute de temps (Reims).
- Une notion mal définie : le bien commun confondu avec des objets matériels, l'intérêt général ou le développement durable ; le mot « bien » presque jamais expliqué (Reims, Limoges, Dijon). Des définitions qui confondent la notion et ses finalités (Dijon).
- Une séance d'éducation au développement durable au lieu d'une séance d'EMC (Limoges). La seule dimension collective de l'engagement, sans la responsabilité individuelle (Bordeaux).
- Le document 12 paraphrasé au lieu d'être questionné : ses limites sont rarement dites (Bordeaux, Nantes, Dijon).
- Des « débats » sans cadre ni objectif, qui ne sont que des échanges d'opinions (Reims).
À faire : apprenez les notions du programme d'EMC de 2024 avec une définition adaptée à chaque cycle. Pour une notion abstraite, partez d'une situation vécue par les élèves à l'école, puis généralisez. Un débat en EMC a des règles, une question précise et une trace écrite.
Les conseils du jury (bac+5)
Connaissances
- Connaître les attendus des programmes de cycle 2 et de cycle 3 : les grands types de paysages, et les compétences « observer, décrire, analyser » (Bordeaux).
- Maîtriser le programme d'EMC « au même titre que celui d'histoire et de géographie » (Créteil).
- Utiliser un lexique disciplinaire rigoureux, même avec des CE2 (Limoges).
Didactique
- Distinguer objectif d'apprentissage, compétence, connaissance et problématique : la confusion est relevée partout (Dijon, Limoges, Nantes).
- Préciser le rôle de l'enseignant, la tâche de l'élève et les consignes (Limoges), avec les phases de la séance : recherche, mise en commun, institutionnalisation (Nantes).
- Construire la trace écrite, prévoir l'évaluation et la différenciation (Dijon, Reims).
- Justifier le travail de groupe : il « ne constitue pas une fin en soi » (Dijon).
Documents
- Dépasser la description : interroger la validité, la pertinence et les limites de chaque document (Dijon, Nantes).
- Distinguer les documents pour l'enseignant de ceux utilisables en classe (Nantes).
- Mobiliser des ressources hors dossier, si possible dans l'environnement des élèves (Limoges).
Rédaction
- Contextualiser le thème dans les programmes dès l'introduction (Limoges).
- Organiser la copie avec des titres et des tableaux, sans style télégraphique : « les copies les plus longues ne sont pas nécessairement les meilleures » (Nantes).
- Garder du temps pour relire : l'orthographe a coûté 1,92 point en moyenne à Limoges.
Pour s'entraîner : les sujets des groupements 2 et 3
- Groupement 2. Histoire (12 points), CM2 : définir une « trace » en histoire et montrer l'intérêt d'exploiter les traces des deux guerres mondiales, puis détailler une séance de la séquence. EMC (8 points) : la participation des élèves à la commémoration du 8 mai 1945 pour construire une culture civique.
- Groupement 3. Histoire (12 points), CM1 : « De l'année 1789 à l'exécution du roi », la Révolution comme rupture avec l'ordre monarchique, avec une séquence et une séance. EMC (8 points), CP : La Marseillaise, symbole de la République.
Votre plan de préparation
- Faites le sujet de votre concours en temps limité avec le PDF officiel ci-dessus, puis comparez avec les attendus de cette page.
- Bac+3 : révisez les programmes d'histoire et de géographie du collège avec des manuels de cycle 4 : une fiche par chapitre, avec ses dates, ses acteurs et ses notions.
- Bac+3 : entraînez-vous aux croquis de la France (population, aires urbaines, espaces de faible densité) avec titre, légende hiérarchisée et figurés, et apportez votre matériel.
- Apprenez les valeurs et principes de la République avec leurs textes (DDHC, Constitution, lois Ferry, loi de 1905, Charte de la laïcité) et leur traduction à l'école.
- Bac+5 : rédigez chaque semaine une séquence complète pour un thème des cycles 2 et 3 : titres des séances, objectifs, compétences du programme, documents justifiés, trace écrite, évaluation.
- Bac+5 : entraînez-vous à critiquer un document : pour qui est-il fait, qu'apporte-t-il, quelles sont ses limites, comment l'adapter aux élèves.
- Relisez-vous pour la langue : les pénalités d'orthographe atteignent 2,5 points sur 20 (Limoges).