Sciences et technologie : l'analyse des rapports 2026
Synthèse rédigée par PassCRPE à partir des rapports de jury officiels publiés par les académies.
En 2026, les sciences et la technologie étaient au programme des deux concours externes. Au concours bac+3, c'est l'un des quatre domaines de la seconde épreuve d'admissibilité : le candidat en traite trois, chacun noté sur 20. Le sujet du groupement 1 portait sur la Station spatiale internationale, en 9 questions. Au concours bac+5, c'est l'un des trois sujets au choix de l'épreuve écrite d'application, de 3 heures : un projet d'aménagement hydraulique à La Réunion, en 24 questions, dont 11 de didactique. Pour chaque question, vous trouverez l'énoncé, ce que le jury attendait, un corrigé, les erreurs les plus fréquentes et ce qu'il faut travailler. Les éléments de correction viennent en grande partie des rapports de Bordeaux, qui en publie pour toutes les questions ; les corrigés sont complétés par PassCRPE. Les constats viennent des rapports de jury de Bordeaux, Créteil, Dijon, Limoges, Mayotte, Reims et Versailles. Chaque constat porte entre parenthèses le nom de l'académie qui l'a fait.
Les sujets officiels (site du ministère, devenirenseignant.gouv.fr)
- Bac+3, seconde épreuve, groupement 1 (PDF) : le domaine sciences et technologie (la Station spatiale internationale, pages 10 à 14) est commenté ci-dessous.
- Bac+5, épreuve d'application, groupement 1 (PDF) : le sujet de sciences et technologie (l'eau à La Réunion, pages 7 à 17) est commenté ci-dessous.
- Autres sujets 2026 : bac+3 groupement 2, bac+3 groupement 3, bac+5 groupement 2, bac+5 groupement 3, bac+5 session supplémentaire.
Tous les sujets et rapports sont aussi listés sur la page officielle du ministère. Les numéros de page cités sur cette page sont ceux du PDF. Conseil : faites le sujet en temps limité, sans calculatrice, avant de lire le corrigé.
Les 6 points à retenir
- Un domaine qui réussit à ceux qui le choisissent. Au bac+3, les sciences font mieux que l'histoire-géographie-EMC et que les arts à Limoges et à Mayotte. À Mayotte, c'est à la fois le domaine le moins choisi et celui qui a la meilleure moyenne.
- Le vocabulaire scientifique rapporte des points. Trajectoire et vitesse, cercle et sphère, photosynthèse et respiration, distillation et évaporation, prérequis et consigne de sécurité : ces confusions coûtent cher (Bordeaux, Créteil, Reims).
- Observer, interpréter, conclure. Devant une expérience, décrivez les résultats, comparez, interprétez, puis concluez. C'est la compétence la plus souvent manquée (Bordeaux, Reims, Versailles).
- Sachez calculer sans calculatrice. Le calcul de l'altitude de l'ISS a été la question la plus discriminante du bac+3 : formule de la vitesse, périmètre du cercle, unités (Bordeaux, Reims, Versailles).
- Un protocole se construit avec un témoin. Au bac+5, un protocole sur trois ne permettait pas de tester l'hypothèse : pas de montage témoin, pas de paramètre isolé (Reims).
- Ne paraphrasez pas les documents. Le jury attend une exploitation des documents complétée par des connaissances, et une réponse courte mais rigoureuse (Bordeaux, Reims, Créteil).
Les résultats publiés
| Académie | Copies | Moyenne en sciences | Pour comparaison |
|---|---|---|---|
| Concours bac+3 (domaine sur 20) | |||
| Limoges | 245 | 9,87 / 20 | histoire-géographie-EMC 7,1 ; arts 5,25 |
| Mayotte | 259 | 7,86 / 20 | histoire-géographie-EMC 7,36 ; arts 6,91 |
| Concours bac+5 (épreuve d'application sur 20) | |||
| Dijon | 190 | 11,8 / 20 | 9,34 en 2025 |
| Limoges | 96 | 10,51 / 20 | externe public |
| Reims | 186 | 10,83 / 20 | histoire-géographie-EMC 9,56 ; arts 11,47 (concours publics) |
Ce que montrent ces chiffres : au bac+3, les sciences font mieux que l'histoire-géographie-EMC et que les arts. Mais à Mayotte, la distribution est double : 24 copies à zéro, « non traitées ou abandonnées en cours d'épreuve », à côté d'une masse de copies autour de 9 ou 10 sur 20. Au bac+5, les moyennes tournent autour de 11 sur 20 ; à Dijon, elles progressent de 2,46 points par rapport à 2025, et les notes vont de 1,75 à 17.
Concours bac+3 : le domaine sciences et technologie
Le format : le candidat traite trois domaines au choix parmi quatre (histoire-géographie-EMC, sciences et technologie, arts, langue vivante), chacun noté sur 20 et comptant pour un tiers de la note. En sciences, les questions relèvent de la physique-chimie, des sciences de la vie et de la Terre et de la technologie, sans que le sujet indique la discipline de chaque question (Créteil). Chaque question vaut entre 1 et 3 points. Le niveau attendu est celui du cycle 4.
Le sujet : « Les scientifiques à bord de la Station spatiale internationale (ISS) » : le mouvement et l'altitude de la station, la photosynthèse des plantes cultivées à bord, la régulation thermique et l'énergie. Neuf questions « largement indépendantes », qui alternent restitution de connaissances, exploitation de documents, schémas et raisonnement (Bordeaux). Versailles résume : des « questions accessibles même avec des connaissances simples pour obtenir 10 points ».
Le mouvement et l'altitude de l'ISS (questions 1 et 2)
L'énoncé
L'ISS décrit un cercle autour de la Terre à la vitesse constante de 28 000 km/h. Elle parcourt son orbite 16 fois en 24 heures. Le document 2 classe les orbites : basse (LEO, 160 à 2 000 km), moyenne (MEO, 2 000 à 35 000 km), géostationnaire (GEO, environ 35 786 km). Données : rayon de la Terre 6,37 × 10³ km ; orbite circulaire ; on prendra 3 pour π.
1. Dans le référentiel géocentrique, décrire le mouvement de l'ISS lorsqu'elle tourne autour de la Terre en caractérisant sa trajectoire et sa vitesse. Justifier.2. À partir des données rappelées ci-dessous et des documents 1 et 2, calculer une valeur approchée de l'altitude h de l'ISS et en déduire le type d'orbite de l'ISS.
L'énoncé et les documents : Sujet bac+3 2026 (PDF), pages 10 et 11
Les attendus et le corrigé
- 1. Le mouvement est circulaire, car la trajectoire de l'ISS autour de la Terre est un cercle, et uniforme, car sa vitesse est constante. Il est donc circulaire uniforme dans le référentiel géocentrique (Bordeaux).
- 2. Durée d'un tour : 24 h ÷ 16 = 1,5 h. Distance parcourue en un tour : d = v × t = 28 000 × 1,5 = 42 000 km. Cette distance est le périmètre de l'orbite : 2 × π × R = 42 000, donc R = 42 000 ÷ 6 = 7 000 km. L'altitude est h = R − RTerre = 7 000 − 6 370 = 630 km. Elle est comprise entre 160 et 2 000 km : l'ISS est sur une orbite basse (LEO). Le raisonnement sur 24 heures (16 tours) était aussi accepté (Bordeaux).
Les erreurs relevées : la question 2 est « la plus difficile du sujet » et celle qui a « fortement discriminé les candidats » (Bordeaux). Reims parle d'un « échec massif ».
- Un mouvement à moitié décrit : « uniforme » oublié ou remplacé par « rectiligne », mouvement confondu avec trajectoire (Bordeaux) ; vitesse confondue avec accélération, cercle avec sphère (Créteil).
- Des formules inconnues : le périmètre d'un cercle et la relation entre vitesse, distance et durée (Versailles, Bordeaux).
- Des calculs interrompus ou faux, des multiplications mal posées, des unités oubliées, l'altitude confondue avec le rayon de l'orbite (Bordeaux, Versailles, Reims, Créteil).
- Aucun recul sur le résultat : des altitudes « très étonnantes » acceptées telles quelles, et un type d'orbite incohérent avec l'altitude trouvée, « malgré un tableau clair » (Versailles).
À faire : apprenez à décrire un mouvement avec ses deux caractéristiques (trajectoire : rectiligne, circulaire, curviligne ; vitesse : uniforme, accéléré, ralenti). Revoyez v = d ÷ t, le périmètre du cercle 2πR et les conversions d'unités. Entraînez-vous à calculer sans calculatrice, et vérifiez toujours qu'un résultat est vraisemblable.
La photosynthèse (questions 3 à 6)
L'énoncé
Les astronautes ont cultivé des radis et des piments en micropesanteur, dans des chambres de croissance sans terre (hydroponie). Une expérience classique caractérise la photosynthèse : on éclaire une feuille, on la décolore à l'alcool bouillant, puis on la plonge dans le lugol, un réactif jaune qui s'assombrit en présence d'amidon. Le document 4 montre une feuille de lierre panaché (zones vertes et zones blanches), dont le centre a été masqué par une gommette noire pendant l'éclairage.
3. Indiquer les besoins des végétaux nécessaires à la réalisation de la photosynthèse.4. Reproduire, de manière succincte, le schéma du document 3 en fléchant le trajet de l'eau dans la plante lorsqu'elle puise l'eau du sol.5. Indiquer sur le schéma précédent le lieu de captation du CO₂ présent dans l'air au cours de la photosynthèse.6. À partir du document 4, analyser les résultats observés dans les zones 1, 2 et 3 afin d'identifier les conditions nécessaires à la photosynthèse dans une feuille et à la production d'amidon.
Le schéma de la plante et les photographies au lugol : Sujet bac+3 2026 (PDF), pages 11 à 13
Les attendus et le corrigé
- 3. Le dioxyde de carbone, l'eau, les sels minéraux et la lumière (Bordeaux).
- 4. Des flèches qui partent des racines, montent par la tige et arrivent aux feuilles. Rien n'est attendu sur l'évapotranspiration (Bordeaux).
- 5. Les feuilles, à mettre en évidence sur le schéma (fléchées ou entourées). Flécher aussi la tige était accepté (Bordeaux). Créteil a valorisé la mention des stomates.
- 6. On décrit, on interprète, on compare, on conclut (Bordeaux). Zone 3, verte et éclairée : le lugol s'assombrit, il y a eu production d'amidon. Zone 2, verte mais masquée : le lugol reste jaune, pas d'amidon. Zone 1, blanche et éclairée : le lugol reste jaune, pas d'amidon. Comparer les zones 1 et 3 montre le rôle de la chlorophylle ; comparer les zones 2 et 3 montre le rôle de la lumière. Comparer les zones 1 et 2 est une erreur : deux facteurs y changent à la fois. Conclusion : la photosynthèse et la production d'amidon nécessitent la chlorophylle et la lumière.
Les erreurs relevées : les questions 3, 4 et 5 font partie des plus réussies du sujet (Bordeaux, Versailles, Mayotte). La question 6 a davantage départagé les candidats.
- Les sels minéraux oubliés dans les besoins des végétaux, c'est « très fréquent » ; l'équation de la respiration citée hors sujet (Bordeaux, Reims).
- Des schémas imprécis : le sens des flux (Mayotte), un trajet de l'eau incomplet, les stomates omis (Créteil).
- Une analyse sans comparaison : les candidats décrivent les zones mais ne distinguent pas description, comparaison, interprétation et conclusion (Bordeaux). Ils décrivent « sans analyser ou sans tirer de conclusion » (Reims). « La démarche scientifique ne semble pas acquise pour beaucoup de candidats » (Versailles).
- Photosynthèse et respiration confondues (Créteil).
À faire : sachez réciter les besoins d'une plante verte et l'équation de la photosynthèse, et distinguez-la de la respiration. Pour toute expérience, appliquez la même méthode : une seule différence entre deux montages, comparés deux à deux, puis une conclusion qui répond à la question posée.
La régulation thermique et l'énergie (questions 7 à 9)
L'énoncé
Pour éviter toute surchauffe, l'ISS dispose d'un système de régulation thermique (ACTS) : la chaleur est captée par un échangeur à eau, transférée à de l'ammoniac, puis évacuée dans l'espace par des radiateurs orientables. Des capteurs et un algorithme orientent les radiateurs « face à la Terre » ou « face à l'espace ». L'électricité vient de panneaux solaires.
7. À partir de la description de l'ACTS et du document 5, indiquer quel est le besoin auquel répond le système ACTS.8. Reproduire sur la copie la chaîne énergétique du document 6 (un panneau solaire) et la compléter en nommant les 3 énergies mises en jeu.9. Deux programmes sont proposés. Indiquer lequel, A ou B, permet de maintenir la température intérieure de l'ISS autour d'une valeur stable. Justifier en expliquant la logique du contrôle mis en œuvre.
Programme A : si température > 25 °C, orienter les radiateurs vers l'espace ; sinon, si température < 18 °C, les orienter vers la Terre. Le programme B fait l'inverse.
Les documents et les deux programmes : Sujet bac+3 2026 (PDF), pages 13 et 14
Les attendus et le corrigé
- 7. Le système ACTS répond au besoin de réguler la température de l'ISS, c'est-à-dire de la maintenir dans des limites compatibles avec la vie humaine et le fonctionnement des appareils (Bordeaux).
- 8. Énergie lumineuse (ou rayonnement solaire) → panneau solaire → énergie électrique, avec une perte d'énergie thermique (chaleur). « Énergie solaire » et « chaleur » étaient acceptés (Bordeaux).
- 9. Le programme A : quand il fait trop chaud (au-dessus de 25 °C), il oriente les radiateurs vers l'espace pour évacuer la chaleur ; quand il fait trop froid (au-dessous de 18 °C), il les oriente vers la Terre pour conserver la chaleur. La température reste donc entre 18 et 25 °C (Bordeaux).
Les erreurs relevées : ces trois questions sont plutôt bien réussies (Bordeaux, Versailles, Reims).
- La régulation réduite à « éviter la surchauffe », et le document reformulé sans le mot attendu (Bordeaux).
- Des énergies mal placées dans la chaîne, et quelques confusions entre énergie solaire et énergie nucléaire (Bordeaux).
- Le bon programme sans justification, ou des justifications « allant chercher très loin » hors du document (Bordeaux, Versailles). Cette dernière question a souvent manqué de temps (Bordeaux).
À faire : apprenez les formes d'énergie (lumineuse, électrique, thermique, cinétique, chimique) et la façon de dessiner une chaîne énergétique avec le convertisseur au milieu. Pour un programme, lisez chaque condition et dites ce qui se passe dans chaque cas : c'est cela, « expliquer la logique du contrôle ».
Les conseils du jury (bac+3)
Connaissances
- Maîtriser les notions fondamentales du vivant, de la matière, de l'énergie et des objets techniques (Bordeaux).
- Consolider les référentiels, la photosynthèse et les systèmes de régulation (Créteil).
- Connaître les formules de base, comme celle de la vitesse (Versailles).
Démarche
- Distinguer l'observation des résultats, leur interprétation et la conclusion (Bordeaux, Reims, Versailles).
- Expliciter le raisonnement et justifier chaque étape ; vérifier les unités (Créteil, Reims).
- Savoir calculer sans calculatrice (Versailles).
Documents
- Croiser plusieurs documents avant de construire une réponse (Bordeaux).
- Trier l'information au lieu de « recopier tout le paragraphe de l'énoncé » (Versailles).
- Soigner les schémas : légendes, flèches, sens des flux (Versailles, Créteil, Mayotte).
Rédaction
- Utiliser le vocabulaire scientifique avec rigueur (Bordeaux, Reims).
- Faire des phrases courtes qui vont à l'essentiel (Versailles) : « une réponse courte mais rigoureuse est souvent plus pertinente qu'un développement long mais imprécis » (Bordeaux).
- Soigner l'orthographe et la présentation (Bordeaux).
Pour s'entraîner : les groupements 2 et 3
Ces deux sujets n'ont pas été commentés dans les rapports publiés. Ils suivent le même format : un thème, des documents et des questions indépendantes de physique-chimie, de SVT et de technologie.
Groupement 2 : les phénomènes climatiques El Niño et La Niña
Première question : préciser si la liquéfaction est une transformation chimique ou physique en justifiant votre réponse.
Le sujet : Sujet bac+3 2026, groupement 2 (PDF), à partir de la page 12
Groupement 3 : l'aquaponie
Un système en circuit fermé où poissons, plantes et bactéries vivent en symbiose. Première question : à partir des informations du document 1, expliciter l'étape 2 du document 2.
Le sujet : Sujet bac+3 2026, groupement 3 (PDF), à partir de la page 10
Concours bac+5 : l'épreuve d'application en sciences et technologie
Le format : épreuve de 3 heures, notée sur 20, choisie par le candidat au début de l'épreuve parmi trois sujets (sciences et technologie, histoire-géographie-EMC, arts). Elle « consiste en la conception et/ou l'analyse d'une ou plusieurs séquences ou séances d'enseignement à l'école primaire (cycle 1 à 3), y compris dans sa dimension expérimentale ». Les questions de didactique sont repérées par un astérisque. Les connaissances attendues sont « d'un niveau supérieur aux contenus exigés des élèves à l'École » (Créteil).
Le sujet : « Un projet d'aménagement hydraulique à La Réunion », en trois parties : la qualité de l'eau (7,75 points, surtout des SVT), le traitement de l'eau (6,25 points, de la physique-chimie) et la distribution de l'eau (6 points, de la technologie). Le sujet a été « globalement bien compris » (Bordeaux), et les trois parties ont donné des « niveaux de réussite comparables » (Dijon).
Partie 1 : la qualité de l'eau (questions 1 à 10)
L'énoncé (extraits)
1. À partir du document 1 (schéma du cycle de l'eau) et de vos connaissances, nommer tous les changements d'état physique de l'eau qui se produisent au cours du cycle de l'eau, en y associant les états initiaux et finaux.2*. À partir d'une séquence de CM1 sur « l'eau dans tous ses états », citer les trois éléments manquants permettant de travailler la démarche scientifique avec les élèves.3*. Expliquer pourquoi le passage de l'eau liquide à l'état gazeux est un obstacle didactique pour les élèves de cycle 2.4*. Les élèves de CM1 font l'hypothèse que le type de sol influe sur la transparence de l'eau de ruissellement. Proposer un protocole expérimental adapté à des élèves de CM1 permettant de vérifier leur hypothèse, en précisant le matériel, le protocole et les résultats attendus.5 à 8. Expliquer la baisse du dioxygène dans une rivière après le rejet d'eaux usées ; nommer les gaz de la respiration aérobie ; vérifier que l'équation de la respiration est ajustée ; proposer deux aménagements limitant ce type de pollution.9*. Proposer une mise en situation et une question scientifique pour aborder le cycle de vie du chironome (une larve de moustique de rivière).10. Indiquer trois critères sur lesquels repose la classification en groupes emboîtés du monde du vivant.
L'énoncé complet et les documents : Sujet bac+5 2026 (PDF), pages 7 à 11
Les attendus et le corrigé
- 1. Six changements d'état, chacun avec ses états : fusion (solide → liquide), solidification (liquide → solide), vaporisation ou évaporation (liquide → gaz), liquéfaction ou condensation (gaz → liquide), sublimation (solide → gaz), condensation solide (gaz → solide) (Bordeaux). Un schéma bien légendé est plus efficace qu'un long texte (Reims).
- 2. Les étapes absentes de la démarche d'investigation : la formulation d'un problème, l'émission d'hypothèses, et la confrontation des résultats aux hypothèses (Bordeaux).
- 3. La vapeur d'eau est invisible : l'élève voit l'eau « disparaître » et confond la vapeur avec le brouillard, la buée ou la fumée, qui sont des gouttelettes d'eau liquide. Le passage à l'état gazeux demande une abstraction difficile au cycle 2 (Bordeaux).
- 4. Un modèle analogique : plusieurs bacs inclinés identiques remplis chacun d'un sol différent (terre, sable, gravier, sol couvert d'herbe), un arrosoir versant la même quantité d'eau à la même hauteur, des bocaux pour recueillir l'eau. On ne change qu'un paramètre, le type de sol, et on compare la couleur de l'eau recueillie. Résultat attendu : l'eau est plus trouble sur un sol nu et meuble que sur un sol couvert de végétation. Sans montage témoin ni paramètre clairement isolé, le protocole n'est pas recevable (Reims, Bordeaux).
- 5 à 8. Les eaux usées apportent de la matière organique ; les bactéries aérobies qui la décomposent se multiplient et leur respiration consomme le dioxygène dissous (Bordeaux). La respiration consomme du dioxygène et rejette du dioxyde de carbone. L'équation C₆H₁₂O₆ + 6 O₂ → 6 CO₂ + 6 H₂O est ajustée : 6 atomes de carbone, 12 d'hydrogène et 18 d'oxygène de chaque côté. Pour limiter la pollution : stations d'épuration, entretien des réseaux, restauration des zones humides, sensibilisation des usagers (Bordeaux).
- 9. Une observation ou un élevage de larves prélevées dans une rivière, puis une question comme : « Les petits vers rouges trouvés dans la rivière deviennent-ils des adultes qui leur ressemblent ? » (Bordeaux).
- 10. La classification repose sur des attributs (caractères) observables, sur les caractères que les êtres vivants possèdent (et non sur ceux qui leur manquent), et sur des groupes emboîtés : chaque groupe rassemble les êtres vivants qui partagent un attribut, et un groupe peut en contenir d'autres (Bordeaux).
Les erreurs relevées : la partie 1 a été traitée par la majorité des candidats, avec une moyenne de 4,22 sur 7,75 à Dijon. La démarche scientifique (question 2), l'obstacle didactique (question 3) et la respiration ont été plutôt bien réussis (Bordeaux, Dijon).
- Des changements d'état incomplets : les candidats se limitent aux phénomènes visibles sur le schéma (Bordeaux) et obtiennent « rarement la note maximale » (Dijon).
- Des protocoles qui ne testent rien : c'est l'une des questions les moins bien réussies (Dijon). « Un protocole sur trois ne permet pas d'identifier les rôles des différents paramètres » ; sans témoin, les protocoles « ne sont pas robustes » (Reims).
- Les gaz de la respiration mal nommés par certains candidats (Dijon).
- La classification presque toujours échouée : la question 10 a été « très rarement réussie », « les connaissances relatives à la phylogénie restent insuffisamment maîtrisées » (Dijon). Les candidats confondent critères de classification, caractéristiques des organismes et exemples d'espèces (Bordeaux, Reims).
- La paraphrase : « trop de candidats se sont contentés de paraphraser les documents sans apporter les connaissances utiles » (Reims).
À faire : apprenez les six changements d'état avec leur nom exact. Pour tout protocole, écrivez la variable testée, ce qui reste identique, le témoin et le résultat attendu si l'hypothèse est juste. Revoyez la classification en groupes emboîtés (attributs, groupes, arbre de parenté) : elle revient d'une session à l'autre.
Partie 2 : le traitement de l'eau (questions 11 à 18)
L'énoncé (extraits)
11 à 13. Définir un mélange hétérogène ; nommer trois méthodes de séparation de ses composants ; expliquer en 3 lignes le principe de l'une d'elles.14. Parmi les matières du document 6 (caoutchouc 950 kg/m³, plomb 11 350, liège 240, sable 1 600, cuivre 8 920, essence 750), indiquer celles qui seront en surface du bac de décantation. Justifier.15. Donner la relation permettant de calculer la masse volumique d'un échantillon de matière. Préciser les grandeurs et les unités.16*. Des élèves de CM1 doivent rendre limpide une eau trouble (terre, marc de café, sable, graviers, brindilles). Parmi leurs neuf propositions, citer celles qui sont pertinentes et la technique de séparation à laquelle chacune fait référence.17*. La proposition 4 (« mettre un savon dans l'eau, pour laver l'eau ») est erronée. Proposer une modalité permettant de la valoriser tout en amenant l'élève à comprendre son erreur.18*. Relier cette séquence à des enjeux d'éducation au développement durable.
L'énoncé complet, l'usine de potabilisation et les propositions d'élèves : Sujet bac+5 2026 (PDF), pages 12 et 13
Les attendus et le corrigé
- 11 à 13. Un mélange hétérogène est un mélange dont on distingue à l'œil nu au moins deux constituants. Méthodes de séparation : décantation, filtration, tamisage, dégrillage, flottation (Bordeaux). Par exemple, la décantation : on laisse reposer le mélange, les particules plus denses que l'eau tombent au fond, puis on récupère le liquide du dessus.
- 14. Flottent les matières de masse volumique inférieure à celle de l'eau (1 000 kg/m³) et non miscibles avec elle : le caoutchouc, le liège et l'essence (Bordeaux).
- 15. ρ = m ÷ V, avec ρ la masse volumique en kg/m³, m la masse en kg et V le volume en m³ (Bordeaux).
- 16. Les propositions 3 (filtre à café : filtration), 5 (l'éponge retient une partie des particules, comme un filtre) et 8 (laisser reposer : décantation). La proposition 1 (enlever à la main) correspond à un tri ou un dégrillage des gros déchets (Bordeaux).
- 17. Faire tester la proposition par l'élève lui-même : on ajoute du savon, on observe que l'eau n'est pas plus claire, et même qu'elle mousse et se trouble davantage. La confrontation au réel fait émerger l'erreur sans disqualifier l'élève, et permet de distinguer « laver un objet » et « séparer les constituants d'un mélange » (Bordeaux).
- 18. L'eau potable est une ressource limitée dont le traitement coûte de l'énergie et de l'argent. La séquence permet de comprendre pourquoi il ne faut pas jeter de produits dans les éviers ou les rivières, de lutter contre le gaspillage et de relier gestes individuels et gestion collective de l'eau, en lien avec le projet MEREN (Bordeaux, Reims).
Les erreurs relevées : la moyenne de la partie 2 est de 4,02 sur 6,25 à Dijon. L'équation ajustée et le repérage des matières qui flottent sont souvent réussis (Reims).
- Les mélanges mal définis, et la miscibilité « rarement mobilisée » (Bordeaux).
- La distillation proposée, alors qu'elle n'est « pas une méthode réaliste dans le contexte de la classe ni dans le secteur de l'épuration de l'eau ». Distillation, vaporisation et évaporation sont confondues (Reims).
- La formule de la masse volumique inconnue (Dijon).
- Des réponses didactiques peu rigoureuses aux questions 16 et 17 (Dijon), avec des confusions entre techniques de séparation (Bordeaux).
- Un développement durable plaqué : des considérations générales sans lien avec la situation (Dijon) ; le jury ne veut pas d'une EDD « limitée à la gestion des déchets » (Reims).
À faire : faites une fiche sur les mélanges (homogène, hétérogène, miscible, soluble) et les techniques de séparation, avec pour chacune ce qu'elle sépare. Apprenez ρ = m ÷ V avec ses unités. Pour une question d'EDD, partez toujours de la situation du sujet et reliez gestes individuels et choix collectifs.
Partie 3 : la distribution de l'eau (questions 19 à 24)
L'énoncé (extraits)
19 et 20. À l'aide du schéma d'un château d'eau, indiquer le parcours de l'eau avec la motopompe principale seule, puis avec la motopompe auxiliaire ; identifier les deux fonctions principales du château d'eau.21. En vous aidant du document 9, indiquer l'algorigramme correct correspondant au fonctionnement du château d'eau lorsque le niveau est très bas. Justifier.22*. Des élèves réalisent un récupérateur d'eau de pluie avec un flotteur, un contrepoids, un capteur infrarouge et une carte micro:bit qui allume une LED quand le niveau est au maximum. À partir du programme de cycle 3, identifier les compétences travaillées.23*. Indiquer l'erreur présente dans le schéma des élèves (document 10) et expliquer ce qui a pu l'induire.24*. Proposer deux prérequis nécessaires à la réalisation de cette maquette.
Le château d'eau, les algorigrammes et la maquette : Sujet bac+5 2026 (PDF), pages 14 à 17
Les attendus et le corrigé
- 19 et 20. Le parcours se lit sur le schéma avec les repères des canalisations. Les deux fonctions du château d'eau sont stocker l'eau potable et la mettre sous pression pour alimenter le réseau (Bordeaux).
- 21. Choisir l'algorigramme qui, quand le capteur détecte un niveau très bas, allume le voyant rouge, met en marche la motopompe auxiliaire et le voyant blanc, puis les éteint quand le niveau redevient suffisant. La justification doit aussi dire pourquoi l'autre algorigramme est faux (Bordeaux).
- 22. Les compétences du cycle 3 sur la réalisation d'un objet technique : réaliser une maquette ou un prototype pour matérialiser une solution, et la tester pour la valider (Bordeaux).
- 23. Le capteur est mal placé. Quand l'eau monte, le flotteur monte et le contrepoids, relié par le fil, descend : c'est en bas de sa course qu'il faut placer le capteur pour détecter le niveau maximum. Sur le schéma des élèves, le capteur est en haut de la potence : le contrepoids s'en éloigne quand l'eau monte, et la LED ne s'allume jamais. Les élèves ont sans doute pensé que tout monte avec l'eau, sans tenir compte du fonctionnement inversé du système flotteur-contrepoids (Bordeaux).
- 24. Par exemple : savoir pourquoi un objet flotte ; comprendre le principe du contrepoids ; connaître le rôle d'un capteur et d'un actionneur ; savoir programmer une carte micro:bit ; savoir lire un schéma technique (Bordeaux).
Les erreurs relevées : la moyenne de la partie 3 est de 3,90 à Dijon. Les questions 19 et 20 ont été plutôt bien réussies (Dijon), et la programmation est un point fort (Reims).
- La mise sous pression oubliée : beaucoup réduisent le château d'eau à la distribution (Bordeaux).
- Un algorigramme mal choisi ou mal justifié (Dijon, Bordeaux). Reims, à l'inverse, les juge « le plus souvent correctement interprétés ».
- Le système flotteur-contrepoids non compris : la question 23 a été « source de nombreuses difficultés » (Dijon, Reims).
- Des prérequis qui n'en sont pas : les candidats confondent « prérequis » et conditions de sécurité ou de fonctionnement (Reims), ou n'en donnent qu'un, avec une connaissance limitée de la micro:bit (Bordeaux). Les notions de fonction et de solution technique « ne sont pas maîtrisées » (Reims).
À faire : apprenez à lire un algorigramme et à le comparer à un cahier des charges, condition par condition. Distinguez fonction (à quoi sert l'objet) et solution technique (comment il le fait). Un prérequis est un savoir ou un savoir-faire que les élèves doivent déjà avoir pour réussir la séance.
Les conseils du jury (bac+5)
Connaissances
- Consolider la classification du vivant, les techniques de séparation, la masse volumique et la miscibilité (Bordeaux).
- Avoir un niveau disciplinaire solide dans les trois champs : physique-chimie, SVT, technologie (Reims, Créteil).
- Mettre les mathématiques au service des sciences pour analyser les documents (Reims).
Démarche expérimentale
- Savoir formuler une hypothèse, élaborer un protocole, identifier les variables, prévoir les résultats et interpréter les observations (Bordeaux).
- Prévoir un témoin et afficher clairement le paramètre testé (Reims).
- Distinguer l'observation des résultats de leur interprétation (Créteil).
Didactique
- Préférer des propositions simples, réalistes et adaptées au niveau de la classe (Reims).
- Maîtriser les termes « prérequis » et « obstacle didactique » ; identifier l'erreur avant de proposer une remédiation (Reims).
- Relier les connaissances aux programmes de l'école primaire et à une démarche adaptée aux élèves (Bordeaux).
Rédaction
- Utiliser un vocabulaire précis pour justifier (Bordeaux).
- Préférer une liste ou un schéma à une réponse « inutilement longue » (Créteil, Reims).
- Ne pas oublier les unités, et employer les connecteurs logiques à bon escient (Créteil).
Pour s'entraîner : les autres sujets de 2026
Ces sujets n'ont pas été commentés dans les rapports publiés. Ils ont le même format : un thème, trois parties, et des questions de connaissances et de didactique.
Groupement 2 : pollution lumineuse, comment préserver la nuit ?
Partie 1 : observations dans le Parc naturel régional du Vercors (7,25 points). Partie 2 : les trames noires, un moyen de préserver la biodiversité nocturne (6,25 points). Partie 3 : à la reconquête de la nuit (6,5 points).
Le sujet : Sujet bac+5 2026, groupement 2 (PDF), à partir de la page 8
Groupement 3 : la station Tara Polar, un laboratoire flottant en Arctique
Partie 1 : la banquise en Arctique et la crise climatique (6 points). Partie 2 : la biodiversité de l'Arctique (7 points). Partie 3 : une base scientifique dérivante (7 points).
Le sujet : Sujet bac+5 2026, groupement 3 (PDF), à partir de la page 6
Session supplémentaire : du blé au pain
Partie 1 : le cycle de vie d'une plante cultivée, le blé (7 points). Partie 2 : l'agriculture de précision pilotée par la technologie (6 points). Partie 3 : la panification, ou fabrication du pain (7 points).
Le sujet : Sujet bac+5 2026, session supplémentaire (PDF), à partir de la page 7
Votre plan de préparation
- Faites le sujet de votre concours en temps limité, sans calculatrice, avec le PDF officiel ci-dessus, puis comparez avec les attendus de cette page.
- Révisez le programme de sciences du cycle 4 par grands thèmes : la matière (états, changements d'état, mélanges, masse volumique, atomes), le mouvement et l'énergie, le vivant (nutrition des plantes, respiration, classification, cycles de vie), la Terre et l'environnement, les objets techniques et la programmation.
- Apprenez une poignée de formules et leurs unités : v = d ÷ t, périmètre 2πR, ρ = m ÷ V, P = m × g. Entraînez-vous à poser les calculs à la main.
- Faites une fiche « démarche d'investigation » : problème, hypothèse, protocole avec témoin, résultats, interprétation, conclusion. Appliquez-la à chaque expérience que vous rencontrez.
- Apprenez à lire un algorigramme et un programme Scratch, et à dessiner une chaîne énergétique.
- Bac+5 : préparez le vocabulaire didactique (obstacle, représentation initiale, prérequis, remédiation, trace écrite) avec un exemple pour chaque terme, et lisez les programmes de sciences des cycles 1 à 3.
- Relisez-vous : les unités, l'orthographe et le vocabulaire exact pèsent dans la note dans toutes les académies.